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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 12:34

 

 

«Le bateau ivre tunisien se cherche désespérément un amiral sans honneur et sans gloire .Mustapha Ben Jaâfar et Moncef Marzouki, deux vitrines phosphorescentes de l’islamisme désamianté. Les esclaves se retournent contre leurs libérateurst»Tunisie-Secret Mezri Haddad

 

mezri-haddad-unesco-1

 

On ne présente plus Mezri Haddad. Philosophe, écrivain et ancien Ambassadeur de la Tunisie à l’UNESCO, nous avons voulu l’interroger
sur la dernière vague anti-américaine qui a secoué la Tunisie et le monde islamique. Egal à lui-même, ses déclarations sont troublantes et ne suscitent guère à l’optimisme.

http://tunisie-secret.over-blog.com


«Les esclaves se retournent

contre leurs libérateurs»


Espacemanager : quel est votre commentaire sur la mort des quatre diplomates américains à Benghazi ?


Mezri Haddad : Je suis bien évidemment scandalisé et indigné par cette attaque terroriste, d’autant plus abominable qu’elle s’est produite au moment même où le peuple américain commémorait les événements tragiques du 11 septembre 2001, que j’ai été le premier intellectuel musulman à condamner à l’époque dans la presse française, en désignant les coupables, à savoir Ben Laden et son ONG obscurantiste. Je suis très critique à l’égard de l’administration américaine qui a joué un rôle déterminant dans la déstabilisation de mon pays, via les cyber-collabos et certains renégats qui se reconnaitront. Mais, contrairement à d’autres, je ne me réjouis pas de la mort de ces quatre diplomates. J’ajouterai tout de suite que l’on doit condamner et s’indigner de la même façon lorsque des crimes encore plus barbares sont commis par les mêmes fanatiques, contre des populations civiles comme cela est le cas aujourd’hui en Syrie, par la soi-disant «armée libre syrienne», qui n’est qu’un ramassis de criminels et de terroristes financés et armés par le Qatar et l’Arabie Saoudite, et comme cela a été le cas en Libye même, notamment le lynchage de Kadhafi et de ses enfants, arrêtés par les forces franco-anglaises et livrés à ses ennemis primitifs. On ne doit pas dire, comme les colons et les racistes autrefois, «Mohamed tue Mohamed» ! Les esclaves se retournent contre leurs libérateurs et cela devrait faire réfléchir l’administration américaine, qui est sous l’influence pernicieuse de quelques conseillers islamophiles, qui sont eux-mêmes sous l’emprise des wahhabites qataris et saoudiens. A moins que le choc des civilisations soit le but recherché, la politique étrangères américaine a besoin de cohérence, mieux vaut tard que jamais.


«Bernard-Henri Lévy est complice

de crimes contre l’Humanité»


Espacemanager : Mais Kadhafi avait l’intention de raser Benghazi et de provoquer un bain de sang !
 


Mezri Haddad : Oui, bien sûr, c’est ce que disait à l’époque le gladiateur du «printemps arabe», Bernard-Henri Lévy, pour impliquer
Sarkozy dans une guerre qui est aux antipodes de la politique française depuis le général de Gaulle. Et c’est ce qu’il continue à soutenir encore aujourd’hui, même si l’opinion française n’est plus dupe, ni l’opinion arabe d’ailleurs. Le bain de sang, ce sont les forces de l’OTAN et leurs alliés terroristes d’Al-Qayda qui l’ont provoqué en Libye en faisant près de 100000 morts. Bernard-Henri Lévy, qui continue à s’agiter contre la Syrie, est complice de crimes contre l’Humanité. Même s’il était un dictateur, Kadhafi avait le droit et
même le devoir de protéger sa patrie contre les mercenaires et les envahisseurs. La violence de l’Etat est parfaitement légale dans ce genre de circonstances. Cela s’appelle en sociologie politique (Max Weber) le monopole de la violence légitime par l’Etat. Dois-je rappeler aux droits-de-l’hommistes européens et à leurs laquais arabes l’article 2 de la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales ? Cet article, intitulé Droit à la vie, stipule textuellement que «La mort n’est pas considérée comme infligée en violation à cet article dans le cas où elle résulterait d’un recours à la force rendu absolument nécessaire pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection» ! C’est écrit noir sur blanc.


«Les islamistes qui ne doivent leur pouvoir qu’aux Américains

n’oseront jamais s’attaquer

aux intérêts de la puissance protectrice»


Espacemanager : Que pensez-vous de la dernière attaque contre l’ambassade des Etats-Unis et contre l’école américaine à Tunis ?


Mezri Haddad : Je pense que c’est dans l’ordre naturel des choses. C’est dans la suite logique des événements qui se succèdent depuis la «révolution» bouazizienne qui a mis la Tunisie plus bas que terre. Après la première conspiration du 14 janvier 2011 qui a cassé l’autorité de l’Etat, et la seconde conspiration du 23 octobre 2011 qui a consacré le triomphe des islamistes, nous assistons actuellement aux premiers balbutiements de la troisième phase qui va plonger la Tunisie dans une guerre civile identique à celle qui avait frappé l’Algérie au début des années 1990. Certains accusent le gouvernement usurpateur d’incompétence et de laxisme à l’égard des salafistes. D’autres croient que ce gouvernement, et plus exactement le ministère de l’Intérieur, a volontairement laissé faire la horde salafiste. Je pense qu’ils se trompent. Le trio qui est au pouvoir depuis l’imposture électorale du 23 octobre est totalement soumis aux injonctions de Washington ; et les islamistes qui ne doivent leur pouvoir qu’aux Américains n’oseront jamais s’attaquer aux intérêts de la nouvelle puissance protectrice. L’explication de ce déchainement est plus simple et elle tient à trois raisons objectives.


- Premièrement, nous ne sommes plus une nation civilisée et tolérante, culturellement et sociologiquement plus proche de l’Occident que de l’Extrême-Orient. Nous sommes devenues une populace galvanisée par un islam obscurantiste qui n’est pas le nôtre, une «poussière d’individus», comme disait le père de la nation, plus prompte à la défense d’un prophète dont rien ne peu affecter la transcendance et l’authenticité, qu’à la défense d’une souveraineté trahie et d’une dignité perdue. Allah Akbar mobilise plus que Vive la Patrie.


- Deuxième raison, la libération des milliers de criminels de droit commun et de terroristes, au nom des objectifs de la «révolution» bouazizienne et des droits de l’homme. S’ajoutent à ces criminels, les centaines de terroristes rentrés du djihad extérieur pour se consacrer au djihad intérieur. Ce mélange explosif de meurtriers, de condamnés de droit commun et de terroristes se promène librement en Tunisie et certains d’entre eux attendent même des indemnités financières pour avoir été «persécuté» par l’ancien régime.


- Troisième raison, la culpabilisation à outrance d’une police nationale qui n’inspire plus ni la crainte du gendarme, ni même le moindre
respect. Notre malheureuse police que les islamo-intégristes et les néo-bolcheviques ont culpabilisé, acculé, humilié, stigmatisé, n’ose plus jouer son rôle de maintenir l’ordre et de faire respecter les lois. C’est donc au nom de la démocratie, du respect des droits de
l’homme et de la liberté d’expression que les hordes salafistes se sont exprimés à l’intérieur de l’ambassade américaine.


«Mustapha Ben Jaâfar et Moncef Marzouki,

deux vitrines phosphorescentes de l’islamisme désamianté»


Espacemanager : Le président d’Ennahda, le président de l’Assemblée constituante et le président de la République ont pourtant condamné cette agression contre l’ambassade des Etats-Unis !


Mezri Haddad : Sans doute. Ils ont même tous les trois appelé l’hirondelle du «printemps arabe», Madame Hilary Clinton, pour lui
faire part de leur désolation, de leurs excuses et de leur intention de sévir désormais. Ce genre de discours et de posture ne trompe plus personne. Ni les Tunisiens qui subissent jour après jour les conséquences de leur glorieuse «révolution», ni l’opinion publique internationale qui découvre la fumisterie de l’islamisme «modéré».
Pour celui que vous appelez le président d’Ennahda et que j’appelle le chef suprême des forces islamo-salafistes, le triple langage est dans sa nature. Ne disait-il pas, après son retour de Londres, que le salafisme est une composante du paysage politique et culturel tunisien ? Ne vient-il pas de déclarer précisément qu’il comprend cette réaction et qu’il est même fier que des Tunisiens se mobilisent pour défendre leur religion ?
Quant à ses deux autres comparses, Mustapha Ben Jaâfar et Moncef Marzouki, les deux vitrines phosphorescentes de l’islamisme
désamianté, ils devraient se faire encore plus petits qu’ils ne le sont déjà. Le premier préside une auberge espagnole dont les représentants n’arrivent pas à la cheville des élus du 25 mars 1956, et dont la «légitimité» et la «légalité» prendront de toute façon fin dans un peu plus d’un mois.
Et le second préside une République  dont la politique intérieure mène le pays au chaos social et à la ruine économique, et dont la politique étrangère n’est qu’une caisse de résonance d’un émirat bédouin qui orchestre la Fitna al-Koubra pas seulement dans le monde arabe, mais en Asie, en Afrique et bientôt en Occident.


«Le bateau ivre tunisien se cherche désespérément

un amiral sans honneur et sans gloire»


Espacemanager : Une seconde chance s’offre justement aux Tunisiens, aux prochaines élections, d’autant plus que la gauche se restructure et que Nidaa Tounis mobilise. Serait-ce la fin d’une parenthèse et le début d’une rectification des objectifs de la révolution ?


Mezri Haddad : Non, il faudrait plusieurs années avant la fermeture de cette parenthèse dans l’histoire de la Tunisie. Ce que nous vivons actuellement et ce que nous allons subir dans l’avenir ne sont que les conséquences logiques de cette imposture révolutionnaire. Vous savez bien ce que je pense de la «révolution du jasmin» et du «printemps arabe». Je l’ai dit dès janvier 2011, au moment de l’hystérie révolutionnaire, et réitéré dans mon livre dès septembre de la même année. Vous savez aussi ce que je pense de Nidaa Tounes en général et de Béji Caïd Essebsi en particulier. Le bateau ivre tunisien se cherche désespérément un amiral sans honneur et sans gloire.
D’illusion en chimère, les Tunisiens veulent s’accrocher à un dernier espoir. Dans le meilleur des cas, les islamistes composeront avec de nouveaux partenaires près à toutes les compromissions pour jouir de quelques subsides, et ils poursuivront leur politique d’islamisation graduelle. Dans le pire des cas, ils triompheront et imposeront tout de suite leur république islamiste. Dans les deux cas, la Tunisie des quinze prochaines années ne ressemblera plus à ce qu’elle fut entre mars 1956 et janvier 2011.TunisieSecret

 

Lire Aussi :

Mezri Haddad : L'USA a Semé la haine entre juifs, chrétiens et musulmans. Fini l'opération Choc et effroi, le cyclone d'un choc des civilisations ne fait que commencer

 

Vampirisation de l'islam, Mezri Haddad


Propos recueillis par C. M.

Tunisie-Secret e.manager

 

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 11:48

 

L’air est mauvais. Les Beignets de Sidi Bou n'ont plus de goûtLes vendeurs de jasmin ont disparu. Les rues sont silencieuses. La diseuse de bonne aventure ne passe plus, le rémouleur aiguiseur de couteaux non plus. Vive la révolution !


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Quand dans "Le Canard enchainé", Claude Angeli, maître de la profession, ....

....évoque le risque de guerre civile, ce n’est pas pour faire sourire ses lecteurs.
Quand Laurent Joffrin, du "Nouvel Obs" dénonce l’offensive du fascisme vert, c’est qu’il craint l’irréversible.
Quand Yadh Ben Achour, sommité de l’université prédit :«si cela continue, même le bon Dieu ne voudra plus de la Tunisie !», il traduit la rage et la désillusion de la population.
La Tunisie est en plein désarroi.

A Mahdia, deux petits gars écervelés dénigrent le prophète sur la toile. Un voisin grincheux dépose plainte : procès, 7 ans de placard ! L’un des comparses a pris la fuite, il vient d’obtenir l’asile politique en …Roumanie. Pour les anars de Tunisie, le vent est chaud !

 

Pour les artistes aussi. Une sculpteuse et un peintre aux œuvres pertinentes attendent sans grand espoir que la loi de la révolution abolisse l’article du code pénal qui risque de les emprisonner pour cinq ans.

A Redeyef, ville minière du Sud Ouest, la population se débarrasse des édiles. Maire, délégué, commissaire, juge…allez oust dégage ! Le commandant de la garnison et ses hommes - qui ne se mêlent jamais des affaires civiles - sont épargnés. Comme au bon vieux temps d’avant la colonisation, les familles de notables ont repris les affaires publiques en main. La justice n’est pas contestée, pas plus que les décisions délibérées par la communauté des gens de bon sens.

A Bizerte Jamal Gharbi conseiller régional français de la Sarthe venu bronzer sur sa terre de naissance se fait agresser par des bipèdes barbus au seul motif qu’il est binational, donc traître, donc apostat. Indifférents, les passants scrutent le ciel et la police fait la circulation. L’élu s’en tire avec des contusions et un œil au beurre noir. Paris proteste énergiquement. - Il est en effet inadmissible qu’un Français soit ratonné par des Arabes ! C’est le Monde à l’envers ! - La Tunisie présente des excuses poliment. Ouf ! La seconde guerre de Bizerte n’aura pas lieu.

A Tunis, un collaborateur du Président de la République est traduit devant un tribunal militaire pour avoir osé critiquer la posture déloyale de la chaîne de commandement. L’empêcheur de tourner en rond dénonce aussi la connivence entre les vieux chefs militaires et les jeunes ministres islamistes. L’individualisme prime sur l’intérêt national, dit-il avant de s’en retourner outre mer vers son travail d’immigré désappointé.

 

A la Chebba, la population se soulève. Le poste de police est assiégé, la permanence du parti islamiste Ennahdha est incendiée. Nuit d’émeute. Au petit matin, la troupe cerne la ville. Indifférents aux désordres, trois pochetrons étendus sur la plage finissent de lichetrogner une caisse de bière en grignotant des graines de melon. En silence, le regard fixé vers le large. «Immolation ou noyade ? That is the question !»

A la Hencha et Agareb, les hommes s’assemblent dans les oliveraies centenaires, à l’abri des haies de cactus. Assis sur leurs talons, ils font cercle autour d’un vieux qui raconte l’épopée de Farhat Hached et de Hedi Chaker. Le thé rouge est épais. Entre deux aspirations du liquide brûlant les mots sont lourds d’allusions. Les Sfaxiens sont secrets, laborieux, patriotes. Aucune page de l’histoire de la Tunisie ne s’est jamais écrite sans eux.

 

A l’Ariana, à un feu rouge, une jolie femme le coude à la portière se fait insulter par deux salafistes : «tu n’as pas honte de t’exposer en cheveux ! Créature du diable, va te voiler !» La fille au sourire imperturbable fouille dans son sac, descend de voiture et asperge les olibrius avec un aérosol pas plus grand qu’un tube de rouge à lèvres. Concert de klaxons, applaudissements, l’héroïne qui a mis en fuite les barbus larmoyants est chaleureusement félicitée.

En Tunisie, tout est surprenant, tout est inquiétant.

 

L’air est mauvais. Les vendeurs de jasmin ont disparu. Les rues sont silencieuses. La diseuse de bonne aventure ne passe plus, le rémouleur aiguiseur de couteaux non plus. Seul le vendeur de figues de barbarie a survécu. Le présage n'est pas bon. Même la libido des machos est morose, au point que le gouvernement islamiste –sans doute alerté par la Ministre de la femme complémentaire - vient contre toutes attentes d’accorder l’autorisation de vente du Viagra.

Le pays de la joie de vivre sombre de jour en jour dans la sinistrose. Les blagues tombent à plat. Le rire et la dérision se pratiquent sous le burnous ou à l’abri de l’ordinateur devant les messages et les dessins hilarants de «Z», blogger aux multiples talents qui demeure résolument anonyme. Un sage !

Allez sur son site Debatunisie.com Et aussi pour comprendre, sur Fhimt.com

 

Mais rassurons les tour-opérateurs et les estivants ; le pire est incertain, la guerre civile est improbable car on annonce l’inauguration du premier McDo. (Hallal bien sûr !) 
Or, de mémoire de géo-stratège, la seule fois où des coups de feu ont été tirés aux abords de l’enseigne du clown Ronald Mc Donald, c’était au Koweït, en 1990. Les Irakiens s’en souviennent encore. Les Américains, aussi.
Alors, il faut confiance garder.

Le Pentagone saura préserver le Big Mac tunisien des noyaux d’olives. Inch’Allah !

H Belhassine

 

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 11:06

 

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A l'occasion de l'anniversaire des attentats du 11 septembre, des manifestations anti-américaines.....

ont été organisées, en Libye et en Egypte, devant les missions diplomatiques américaines.

A Benghazi, la capitale des rebelles arrivés au pouvoir, grâce à l'intervention militaire des Etats-Unis, le Qatar et de l'OTAN, le mouvement a dégénéré en affrontements, faisant plusieurs victimes parmi les diplomates américains, dont l'ambassadeur. La veille, dans une interview accordée à Al-Jazeera, le frère du leader d'Al-Qaïda, Mohamed al-Zawahiri, qui vit, en Egypte, a proposé à l'Occident et aux Etats-Unis une trêve de dix ans. Il suggère aux Américains de ne pas s'ingérer, dans les affaires des pays islamiques, qui, en échange, protégeront les "droits légitimes" des USA et de l'Occident et cesseront de les provoquer.

 

Le printemps arabe a profité à Mohamed al-Zawahiri. Condamné pour extrémisme, il a passé 14 ans en prison, en Egypte, avant d’être acquitté, cette année, comme beaucoup d'autres opposants à l'ancien régime.

Les événements survenus en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, depuis décembre 2010, qui ont entraîné des renversements de régime, dans quatre pays, et des troubles, dans deux autres, ont modifié tout le contexte politique de la région. A côté de ces bouleversements, même l'élimination d'Oussama Ben Laden, au Pakistan, il y a 18 mois, après avoir été poursuivi, depuis des années, alors qu’il était le symbole de l'extrémisme islamique, n’a pas eu autant d’écho.

 

La mort de l’ex-numéro un d’Al-Qaïda a plutôt influé sur la politique nationale des Etats-Unis, en apportant à Barack Obama un atout important, pour sa campagne présidentielle, sans pour autant affecter le monde musulman. L'Islam politique, discuté, depuis le début des années 2000, avec la montée en puissance d'Al-Qaïda et de la coalition antiterroriste mondiale, a acquis une dimension complètement différente. Les Frères musulmans sont arrivés au pouvoir, en Egypte, et, contre toute attente, Mohamed Morsi n'est pas devenu un président décoratif soumis à la junte militaire : il a pris le contrôle de la situation. L'influence des forces islamiques augmente, considérablement, dans tous les autres pays, qui ont connu - ou traversent - l'effondrement de leur régime dictatorial.

L'époque pendant laquelle la résistance au "terrorisme international" était le centre de la politique mondiale a duré presque dix ans. En omettant l'aspect émotionnel, le 11 septembre était évidement un choc incroyable pour les Etats-Unis, qui poussait à des actions décisives.

 

Cette volonté de profiter de la tragédie était bien légitime. Au début du XXIème siècle, le brouillard a commencé d’envelopper la clarté conceptuelle installée dans les relations internationales après la Guerre froide. La situation n'évoluait pas comme prévu, c’était flagrant, et l'absence d'une menace claire, disparue avec l'effondrement de l'URSS, refroidissait la situation. En perdant sa structuration après la disparition du modèle bipolaire, l’échiquier géopolitique mondial devenait incontrôlable. Dans ces circonstances, l'apparition d'un ennemi terrible, effrayant par sa dispersion et son invisibilité, a fait espérer que par la confrontation, une structure et un contrôle se rétabliraient. En d'autres termes, le terrorisme international devait prendre la place de la menace soviétique et rassembler toutes les "forces de bonne volonté" contre le "mal mondial".

 

Ça n'a mené à rien. Il s'est d'abord avéré que le terrorisme était en soi un phénomène déstructuré et donc impossible, par nature, à transformer en un "pôle" de confrontation. Cette notion générale cachait en réalité des problèmes divers et variés – culturels, sociaux, géopolitiques et économiques. Les manifestations terroristes étaient plutôt une enveloppe, une forme, à l'intérieur de laquelle se cachaient des causes différentes. Quoi qu'il en soit, dès le départ, la lutte contre le terrorisme ne pouvait être un phénomène universel et dans chaque cas, des circonstances particulières devaient être prises en compte. Cependant, la pratique de l'administration de George W. Bush se basait sur une autre théorie, selon laquelle "le terrorisme est un mal mondial contre lequel il faut lutter", "ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous", "la démocratie est la panacée", "si elle ne se met pas en place d’elle-même, on peut l’installer par la force".

On connaît le résultat. Même la guerre en Afghanistan, considérée au départ comme juste et légitime, qui avait commencé par le renversement rapide des talibans et la destruction de l'infrastructure d'Al-Qaïda, s'est transformée en bourbier interminable et sans mission claire.

 

Au lieu de clarté a surgi une confusion idéologique et politique totale. Le printemps arabe a tout chamboulé. En Libye, en Egypte et en Syrie, les Etats-Unis se sont alliés avec leurs anciens ennemis du temps de la lutte contre le terrorisme. Toutefois, Al-Qaïda a également manqué l'élan du printemps arabe, qui s’est déroulé sans sa participation. Mais les islamistes ont rapidement commencé à intégrer le processus.

I

l est notable que la campagne présidentielle américaine n'accorde pas beaucoup d'attention à la menace terroriste cette année. Evidemment, Obama le rappelle : les lauriers de celui qui a éliminé Ben Laden aident beaucoup à maintenir sa popularité. En revanche, ce thème n'intéresse pratiquement pas Mitt Romney, son concurrent, qui cherche à revenir à la configuration géopolitique de la Guerre froide – monde libre contre pays non démocratiques. D'où son refrain permanent, selon lequel la Russie est l'ennemi numéro un des Etats-Unis. En d'autres termes, il s'agit encore de trouver une menace unificatrice mais cette fois, dans un endroit encore plus étrange : là où se trouvait l'URSS.

Le Moyen-Orient connaît une mutation, des changements fondamentaux, dont les contours commencent seulement à se dessiner. Oussama Ben Laden et George W. Bush en ont tracé les linéaments mais ce qui a commencé suit aujourd’hui sa propre logique - et le scénario ne dépend pratiquement plus de forces extérieures. Les changements au Moyen-Orient tirent un trait sur l’ illusion selon laquelle le monde du XXIème siècle pouvait être construit d'après un schéma clair et simple.

Tunisie

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 17:29

Lotfi Touati, DG de Dar Assabah, renverse un journaliste avec sa voiture !

lotfi.pngKhalil Hannachi, l'un des journalistes grévistes du quotidien tunisien Assabah, a été sciemment percuté, ce jeudi dans la matinée, par la voiture de Lotfi Touati, le patron contesté du groupe de presse, imposé par les islamistes d'Ennahdha au pouvoir. Le patron, furieux contre les protestataires, a traîné le journaliste, projeté sur le capot, sur plusieurs dizaines de mètres, aux abords du siège d'Essabah, avant de lui rouler dessus lorsqu'il est tombé à terre. Lotfi Touati a ensuite pris la fuite. Le journaliste, pris en charge par la protection civile, a été transporté à l'hôpital. On ignorait, jeudi après midi, dans quel état se trouvait la victime, injoignable. Dans la rédaction d'Assabah, la tension est à son comble. Après l'intimidation, après la menace, cet épisode confirme le retour en Tunisie de méthodes dignes de l'ère Ben Ali.

 

 

Vidéo:


 

 

 

 

 

Il y a quelques jours, Khalil Hannachi affirmait à l’Humanité, à propos de l'arrivée du nouveau PDG, un ancien flic de Ben Ali reconverti en plumitif de la dictature, qui a fait allégeance à Ennahdha après les élections de l'automne 2011 : «Nous refusons de retomber sous la tutelle d’un pouvoir politique, quel qu’il soit. Nous voulons au contraire construire une relation entre les journalistes et le peuple tunisien».

Ses déclarations, reprises dans nos colonnes, seraient-elles à l’origine de cette agression? Le 11 septembre, les journalistes de Dar Assabah ont mené une grève suivie à 100%. Journalistes, société civile, représentants de partis politiques d’opposition et membres de l'Assemblée constituante se sont déplacés en masse pour soutenir les protestataires et  leur combat pour « la liberté de la presse et la dignité des journalistes ».

La résistance des salariés de Dar Assabah est une première dans l’histoire des médias en Tunisie. Ils sont déterminés à maintenir la pression sur le gouvernement, jusqu’à ce que celui-ci revienne sur sa décision unilatérale de nommer Lotfi Touati à la tête du groupe de presse, qui édite aussi le quotidien francophone « Le Temps ». Cette nomination d’un ex-bénaliste à la tête d’un média n’est pas une première, loin s’en faut. La quasi majorité des entreprises publiques de presse ont subi le même sort depuis le mois de janvier 2011

Humanité

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 15:44

Vidéo du film à l'origine des manifestations et attaques anti-américaines, mardi en Egypte et en Libye, est signé par un Israélo-américain qui décrit l'islam comme un "cancer". Des extraits circulent sur internet.


 

Sa diffusion en salle au début de l'été, à Los Angeles, n'a pas vraiment attiré les foules. Mais depuis sa traduction et sa diffusion sur internet, il a mis le feu aux poudres. Mardi, des manifestants ont déchiré un drapeau américain devant l'ambassade américaine au Caire, tandis qu'un groupe armé a attaqué le consulat américain à  Benghazi, en Libye, et mis le feu au bâtiment, tuant  l'ambassadeur américain

Le film à l'origine de ces violences, "Innocence of Muslims" ("L'Innocence des musulmans"), a été  réalisé et produit par Sam Bacile, un promoteur immobilier israélo-américain de  54 ans originaire du sud de la Californie, qui affirme que l'islam est une religion de haine. "L'islam est un cancer", déclare Sam Bacile au Wall Street Journal. Dans ce film, le prophète Mahommet est dépeint comme un homme qui ne s'intéresse qu'aux femmes et à l'argent.

"Le film est politique. Pas religieux"

Sam Bacile précise qu'il l'a produit avec cinq millions de dollars levés auprès d'une centaine de donateurs juifs, qu'il a refusé d'identifier. Il assure avoir travaillé avec 60 acteurs et une équipe de 45 personnes pour réaliser en Californie, en trois mois,  ce film de deux heures. "Le film est politique. Pas religieux", dit-il. Le long métrage a été défendu par le pasteur très controversé Terry Jones,  qui s'est attiré de nombreuses critiques par le passé, notamment pour avoir brûlé un exemplaire du Coran et s'être résolument opposé à la construction  d'une mosquée près de Ground Zero à New York. Le pasteur a précisé qu'il comptait montrer un extrait de 13 minutes du  film, dans son église de Gainesville, en Floride.

 

 

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 12:49

L'ambassadeur américain en Libye et trois fonctionnaires du consulat de Benghazi ont été tués mardi 11 septembre dans une violente attaque dirigée contre le bâtiment, apprend-on auprès du ministère de l'Intérieur. Les assaillants auraient agi en marge de manifestations contre un film jugé offensant pour l'islam.

 

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Une attaque particulièrement violente

Des manifestants armés se sont attaqués en début de soirée au consulat et des roquettes ont été tirées sur le bâtiment, selon des sources officielles libyennes. Les assaillants ont également arraché le drapeau américain pour le remplacer par un étendard islamique, d'après les mêmes sources ainsi que plusieurs témoins.

"Des dizaines de manifestants ont attaqué le consulat et y ont mis le feu", rapporte par ailleurs un habitant de Benghazi. Les témoins ajoutent que des affrontements ont eu lieu entre des forces de sécurité et des hommes armés et que les routes menant au bâtiment ont été fermées. Une autre personne indique que des salafistes se trouvaient parmi les assaillants, faisant état d'actes de pillage et de vandalisme.

"Un fonctionnaire américain a été tué et un autre blessé à la main. Les autres membres du personnel ont été évacués et sont sains et saufs", rapporte de son côté Wanis al-Charef, vice-ministre libyen de l'Intérieur.

Hillary Clinton dénonce l'attentat

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a confirmé la mort d'un agent du département d'Etat, et déclaré que "certains ont essayé de justifier ce comportement brutal en le présentant comme une réponse à des éléments incendiaires diffusés sur internet".

"Les Etats-Unis déplorent toute volonté délibérée de dénigrer les croyances religieuses d'autrui. Notre engagement en faveur de la tolérance religieuse remonte aux origines mêmes de notre nation", a ajouté Hillary Clinton, "mais que les choses soient claires : rien ne saurait jamais justifier des actes de cette nature". La secrétaire d'Etat a par ailleurs indiqué s'être entretenue avec le président de l'Assemblée nationale libyenne, Mohamed al-Megaryef, des moyens de mieux protéger les Américains travaillant en Libye.

Le Congrès général national (CGN) libyen, la plus haute autorité politique du pays, a lui exprimé son "indignation" et "sa condamnation dans les termes les plus forts" de l'attaque "criminelle" qui a conduit "à la mort et la blessure d'un certain nombre de personnes". Le CGN a par ailleurs annoncé l'"ouverture immédiate d'une enquête" et indiqué que le président du Congrès a appelé à une réunion d'urgence avec le gouvernement.

Une montée en puissance de la mouvance salafiste

Considérée comme fief des islamistes radicaux, Benghazi, deuxième ville du pays et bastion de la révolution libyenne, a connu une vague de violences ces derniers mois, avec des attaques contre des Occidentaux et des assassinats d'officiers de l'armée ou de la sécurité.

Les autorités libyennes, déjà dépassées par la recrudescence des violences et la prolifération d'armes depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre dernier, se sont trouvées depuis quelques semaines face à une montée en puissance de la mouvance salafiste.

La destruction de mausolées musulmans dans l'ouest du pays par des groupes d'islamistes extrémistes a révélé ces dernières semaines au grand jour la puissance de cette mouvance, jusque-là discrète, et connue pour avoir comme bastion l'Est libyen.
Le ministre de l'Intérieur Fawzi Abdelali avait alors expliqué qu'il ne voulait pas risquer une confrontation avec les groupes extrémistes nombreux et bien armés.

 



 
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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 00:19

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GENEVE - Pas un centime sur les 60 millions de francs suisses (107 MILLIARDS TUNISIEN ) d'avoirs tunisiens bloqués sur des comptes en Suisse n'appartient en propre à l'ex-président Ben Ali, selon les autorités suisses interrogées par la télévision suisse RTS.


Vu l'évolution du dossier, le DFAE (département fédéral des Affaires étrangères) est maintenant en mesure de communiquer que, à ce jour, le montant de 60 millions (la somme gelée en Suisse) ne comprend pas d'avoirs de Zine El-Abidine Ben Ali lui-même, affirme la vice-directrice de la direction du droit international public (DDIP) du DFAE, Rita Adam, dans un courriel.

L'ex-président tunisien Ben Ali ne posséderait donc pour l'instant aucun compte à son nom en Suisse. L'enquête sur les 60 millions gelés en Suisse mène aux proches du clan.

Egalement interrogé par la RTS, l'avocat de M. Ben Ali, Akram Azoury, a confirmé que son client ne possède pas un centime en Suisse.

Le président Ben Ali nie de la façon la plus solennelle, officielle et énergique, posséder des avoirs mobiliers, financiers ou immobiliers en dehors de la Tunisie et notamment en Suisse. Il ne possède rien ni directement, ni indirectement, ni par personnes interposées en Suisse et partout dans le monde, déclare M. Azoury.

Sa fortune se résume à ce qu'il possède en Tunisie: une maison, un ou deux terrains et un compte bancaire d'un montant raisonnable, assure-t-il.

En 2008, le magazine Fortune avait estimé la fortune de Zine El-Abidine Ben Ali à 5 milliards de dollars, selon la RTS.

Fin juin, une délégation d'experts tunisiens avait rencontré à Berne et à Lausanne des responsables suisses en charge du dossier de la restitution d'avoirs gelés.

Pour les autorités suisses, l'objectif est de parvenir aussi rapidement que possible à la restitution des avoirs d'origine illicite détenus par l'entourage de M. Ben Ali.

En octobre 2011, Berne avait indiqué avoir bloqué pour 60 millions de francs suisses (48,7 millions d'euros) d'avoirs tunisiens.

Ben Ali a pris la fuite le 14 janvier 2011 à l'issue de la révolution et vit en Arabie saoudite. Ce pays n'a jamais réagi aux demandes d'extradition de Tunis.

L'ex-président a déjà été condamné par contumace en Tunisie à de lourdes peines, notamment à perpétuité pour complicité d'homicides volontaires, et lui et ses proches sont aussi accusés d'une multitude de crimes économiques et financiers.


©AFP / 11 septembre 2012

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 13:07

 

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Walid Maalam, ministre des Affaires étrangères syrien, a déclaré dans une interview au journal britannique The Independent, :

"lorsque j’ai rencontré l’émir du Qatar à Doha en novembre 2011, au moment où la ligue arabe avait lancé son initiative, au sujet de la mission des observateurs, et on est parvenu à un accord là-dessus, il m’a informé qu’au cas où on y consent, il incitera la chaîne al-Jazeera à changer sa méthode, demandera au Cheikh Youssef Karadhaoui d’appuyer la Syrie et la réconciliation, et consacrera quelques milliards de dollars à sa reconstruction". 

Le chef de la diplomatie syrienne a fustigé la position de l’émir du Qatar envers son pays, en soulignant "l’émir lui-même ne tarissait pas d’éloges sur Bachar al-Assad il y a deux ans ; il le considérait comme un ami cher, et ils ont instauré des relations familiales et passaient des vacances en familles à Damas, et parfois à Doha.  La question importante est qu’est-ce qui s’est passé ?"

Maalam a révélé par ailleurs que "l’émir de Qatar à donné un ordre pour octroyer 150 millions de dollars à Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, pour aider son parti lors des élections. De toutes les façons, c’est leur problème", a-t-il inidqué. Et d'ajouter : "J’ai posé la question à l’émir : vous aviez des relations extrêmement étroites avec le leader libyen, Mouammar Kadhafi, et vous étiez le seul leader reçu à son palais, lorsqu’il vous a invité lors du sommet arabe, pourquoi avez-vous envoyé vos avions pour attaquer la Libye, et vous avez fait partie de la mission de l’OTAN ? Il a répondu tout simplement : parce que nous ne voulons pas perdre notre élan en Tunisie et en Egypte, et Kadhafi était responsable de la division du Soudan". 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 17:57

En Tunisie, le parti islamiste majoritaire au sein de l'Assemblée constituante continue de se défendre d'être financé par de puissants intérêts étrangers, venus en particulier du Qatar. Mais un volumineux rapport financier met en évidence l'opacité de leur comptabilité lors des élections qui ont porté Ennahdha au pouvoir.

 

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Le rapport de la Cour des comptes tunisienne sur les élections à l’Assemblée constituante renforce les soupçons quant à l’existence d’importants financements occultes au profit du parti Ennahdha, sorti vainqueur de ce scrutin. Sur les 217 sièges à pourvoir, le mouvement islamiste en avait remporté 89 il y a près d’un an, le 24 octobre 2011.

Or, dans ce document de 168 pages, diffusé le 8 août dernier en langue arabe, les magistrats tunisiens livrent une analyse très critique des opérations financières qui ont pu mener à cette victoire.

Durant plusieurs mois, ils ont passé au crible les bilans comptables – quand ils les ont reçu – des1 624 listes de candidats qui se sont présentées à travers tout le pays. D’abord dans le but de vérifier l’utilisation des 8,3 millions de dinars tunisiens (environ 4 millions d’euros) de financement public débloqués pour les différents partis, pour un pays comptant 7 millions d’électeurs.

Selon les éléments transmis par Ennahdha à la Cour, le parti aurait dépensé 400 000 dinars tunisiens (DT) pour ces élections, dont 171 000 DT au titre du financement public. Un montant qui ne semble pas convaincre plusieurs membres de la Cour, au regard du coût moyen de fonctionnement d’une liste. Tandis que 69 000 DT engagés par Ennahdha dans ces élections ont été justifiés par des factures non conformes.En outre, onze listes Ennahdha en lice dans la trentaine de circonscriptions n’ont pas enregistré de dépenses liées à plusieurs manifestations publiques qui ont bel et bien été tenues. De même, huit listes Ennahdha ne présentent aucune dépense de transports, et dix-sept listes Ennahdha ne font figurer aucune dépense au titre de la communication électorale – laissant donc supposer que ces frais étaient supportés par d’autres structures.

 

 

Dans la même veine, la Cour note que les opérations au débit du compte bancaire d’Ennahdha ne comprenaient pas toutes les dépenses réalisées par le parti durant cette campagne. Autant de lacunes et d’incertitudes qui relancent les soupçons d’un financement en provenance d’hommes d’affaires et d’organisations islamistes basées dans le Golfe. 

Au mois d’avril dernier, des Anonymous avaient révélé des milliers de mails des dirigeants d’Ennahdha, dont certains mettaient en évidence de curieuses discussions financières. À l’image de Kamel Ben Amara, élu d’Ennahdha, ancien membre de la Commission à l’énergie, qui semble disposer d’un compte ouvert dans une banque islamique du Qatar. Sur ces sujets cependant, les enquêteurs de la Cour se sont heurtés aux reliquats du système Ben Ali, qui ne fut pas vraiment conçu pour faciliter la transparence dans les choses de l’argent. Ils remarquent ainsi :


 

Les investigations sur le financement en provenance de l’étranger se caractérisaient par la longueur des procédures et la difficulté de suivre ces opérations puisque la douane se réfère au numéro de passeport pour suivre le bénéficiaire d’un mouvement financier en provenance de l’étranger, mais les banques utilisent le numéro de la carte d’identité nationale pour l’ouverture des comptes, empêchant ainsi un suivi automatique de telles opérations.
(Page 34)


Les Anonymous dévoilent Ennahdha

LES ANONYMOUS DÉVOILENT ENNAHDHA

En deux semaines, des Anonymous, avec lesquels OWNIs'est entretenu, ont installé sur des serveurs plus de 3 000 ...

L’hypothèse de financements étrangers venus remplir les caisses d’Ennahdha sort renforcée après cet examen par la Cour des comptes. Dans ce contexte, le 15 août dernier, l’Association tunisienne pour la transparence financièrepubliait un communiqué accusateur. Faisant en particulier référence à deux importants contrats confiés à des intérêts qataris ; l’exploitation de l’usine de phosphate de Sra-Ouertane, et la concession du marché de la raffinerie Skhira – confiée à Qatar Petroleum.

 

Ennahdha a répondu à ces diverses accusations lors de son dernier congrès. En promettant que ses ressources financières sont d’origine nationale. De manière plus détaillée, le parti a annoncé que durant la période de mars 2011 à juillet 2012, la totalité de ses ressources s’est élevée à 3,4 millions DT, pour 3,3 millions DT de dépenses.

Les autres formations politiques tunisiennes, dans leur apprentissage de la transparence, ne sont pas exemptes de reproches. Ainsi, Takatol, le parti du président de l’Assemblée constituante Mustapha Ben Jaâfar a effectué des versements en liquide de 21 000 DT ce qui est interdit par la loi. Takatol a aussi dépensé 55 000 DT sous forme de dons et de cadeaux soit 11% de la totalité de ses dépenses alors que la loi n’autorise que 5% (page 50 du rapport).

Dans la phase de transition démocratique qu’il a connu, le législateur n’a pas encore fixé de sanctions en cas de fraude ou d’irrégularité dans le financement d’une campagne électorale. En cas d’absence de dossier comptable, la sanction maximale pour un parti présent dans toutes les circonscriptions n’est que 5 000 DT.

 owni

 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 17:11

TUNISIE — Un Tunisien écroué pour un vol présumé est décédé des suites d'actes de "torture" dans les locaux de la police à Tunis, a dénoncé lundi Radia Nasraoui, présidente de l'Association de lutte contre la torture.

 

 

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Abderraouf Kamassi, 40 ans, est mort samedi à l'hôpital où il avait été admis une douzaine de jours plus tôt "dans un état comateux, un gros hématome à la tête, après avoir séjourné dans des locaux de la police", a déclaré Me Nasraoui à l'AFP.

Le ministère de l'Intérieur a de son côté annoncé l'arrestation de quatre policiers parmi ceux qui étaient en charge de l'interrogatoire de la victime.

L'homme avait été arrêté le 28 août et avait dû être hospitalisé le jour même dans un état de coma profond, a indiqué le ministère dans un communiqué, ajouant que l'examen médical avait révélé un traumatisme cranien.

Une enquête a été ouverte le 30 août, et le juge d'instruction a ordonné l'arrestation de quatre policiers après le décès d'Abderraouf Kamassi, a précisé le ministère.

Selon Me Nasraoui, l'homme originaire de Jerissa (nord-ouest) avait été arrêté alors qu'il se trouvait au chevet de son épouse alitée dans l'hôpital des maladies cancéreuses à Tunis, à la suite d'une plainte pour vol déposée par une voisine.

"Ce drame apporte la preuve que la torture continue d'être pratiquée en Tunisie après la chute du régime Ben Ali", a déclaré Me Nasraoui, militante réputée des droits de l'Homme.

Radhia Nasraoui avait déjà accusé le gouvernement dominé par la parti islamiste Ennahda de laisser se poursuivre la torture, qui était monnaie courante sous Zine El Abidine Ben Ali, renversé en janvier 2011.

Plusieurs cas de tortures ont été enregistrés dans des prisons ou commissariats, selon des organisations de défense des droits de l'Homme.

Les autorités tunisiennes post-révolution se sont engagées à mettre en place un mécanisme de prévention de la torture, prévoyant en particulier des visites régulières dans les lieux de détention et les postes de police.

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