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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 18:28

Mezri Haddad: La face cachée du Qatar "C’est par l’achat des cœurs que commence l’asservissement des esprits"

 

LE PLUS. Après avoir racheté le PSG, c'est dans les banlieues françaises que le Qatar va investir. Que faut-il en penser ? Pour Mezri Haddad, philosophe et ancien ambassadeur tunisien, il faut aller au-delà des pures questions économiques et s'interroger sur l'influence religieuse des Qataris.


mezri haddad3

 

Sous couvert de globalisation, le gouvernement Sarkozy a octroyé au Qatar des avantages comme aucun autre gouvernement auparavant. Il ne s’agit pas seulement de l’achat du PSG, ou d’investissements dans des secteurs plus stratégiques. Il s’agit surtout de la loi exonérant les Qataris d’impôts sur les plus-values immobilières.

 

La gauche, héritière d'un projet nauséabond

 

En cela, les vierges effarouchées de l’UMP, qui critiquent l’altruisme qatari dans les banlieues, font preuve d’une amnésie bien étonnante. Rétablis de leur trouble olfactif, ils découvrent subitement que l’argent peut avoir une odeur. La gauche n’est pas à l’origine de ce projet qui affecte la souveraineté même de la France, mais elle en est l’héritière.

 

L'Emir du Qatar, Sheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani, rencontre François Hollande pour parler de la Syrie. Le 22/08/12 à Paris (K. TRIBOUILLARD/AFP)

 

C’est en effet dans l’euphorie révolutionnaire que le Qatar, acteur majeur du printemps arabe, par sa télévision subversive et par sa diplomatie du méga-chèque, s’est cru suffisamment fort pour passer à un degré supérieur dans son amour pour la France. Mais l’achat d’un club de foot n’est pas de la même nature qu’un projet intrinsèquement communautariste. Là où un patron de club attend de sa vedette de marquer des buts contre l’adversaire, un émirat féodal et théocratique peut attendre de son frère en religion de marquer des points contre la laïcité.

 

C’est par l’achat des cœurs que commence l’asservissement des esprits. Derrière cet intérêt pour les banlieues, il y a une tactique graduelle pour asseoir l’influence néo-wahhabite sur l’islam français. Et derrière cette tactique, une stratégie d’agir à long terme sur la politique française. Les bédouins n’ont pas besoin d’assimiler le trotskysme pour pratiquer l’entrisme. 

 

Le concept de Taqiya (dissimulation) suffit largement. Pour décrypter cette stratégie, il faut bien écouter les homélies de Qaradawi, guide spirituel de l’émirat bédouin, qui est pour le cheikh Hamad ce que Voltaire fut pour Catherine II. À chaque civilisation ses Lumières ! Cette stratégie devient intelligible si on la soumet à la casuistique islamique du dahîr (visible) et du bâtin (occulte). Le visible, c’est le pragmatisme économique, c’est l’amitié franco-qatarie, c’est l’incarnation d’un islam tolérant et l’appel au dialogue des religions. L’occulte, c’est le prosélytisme islamiste, c’est porter la voix d’Allah en terre impie, c’est distiller la haine contre les chrétiens et les juifs, c’est "sacrifier sa vie, sa progéniture et son argent pour le triomphe de l’islam", selon un hadith dont seuls les intégristes reconnaissent l’authenticité.

 

Un message sous-jacent victimaire

 

Dans chaque euro investi en France, il y a du poison néo-wahhabite. À plus forte raison dans les banlieues, où la ferveur religieuse et le bigotisme compensent le chômage, où le repli identitaire se nourrit de l’exclusion sociale et où la foi est au-dessus de la loi. L’on sait que dans la doctrine islamiste, le lien confessionnel transcende l’appartenance nationale, et que le droit de Dieu est supérieur à la loi de la République.

 

Parce que vous êtes nos frères en religion, nous sommes là pour vous aider, vous, les indigènes de la République, les laissés pour compte, les martyrs de l’islamophobie. C’est le message victimaire sous-jacent au mécénat qatari. Le capitaliste bédouin n’est pas le bon Samaritain de la sociologie politique webernienne !

 

Il serait utile de revenir aux faits et méfaits du néo-wahhabisme en France, que je distingue du wahhabisme saoudien, qui a eu son heure de gloire et qui a fini par comprendre que l’Europe n’était pas une citadelle à prendre. Le néo-wahhabisme qatari est un syncrétisme de puritanisme et de maximalisme des Frères musulmans. C’est en cela qu’il est plus pernicieux que le wahhabisme saoudien, dont Sarkozy avait d’ailleurs fait l’éloge à Riyad en 2008.

 

 

Qui a galvanisé les passions lorsque l’interdiction du voile s’est posée en France ? C’est Al-Jazeera. Qui a essayé de donner une dimension confessionnelle à la violence urbaine de 2005 ? Qui a transformé la toute première affaire des caricatures en crise universelle ? Ce qui n’a pas empêché le Qatar d’inviter le caricaturiste danois à un colloque sur le dialogue des religions ! Qui a altéré les propos du Pape à Ratisbonne ? Qui diffusait en temps réel les discours de Ben Laden ? Qui n’appelle jamais les criminels par leur nom mais par ceux qu’on appelle les terroristes, y compris Al-Qaïda ? Sur quelle télévision Qaradawi professait qu’Hitler a infligé aux juifs une leçon mémorable ? Sur Al-Jazeera, dont le pouvoir sur l’opinion arabe n’est pas médiatique mais hypnotique.

 

Qui finance aujourd’hui l’obscurantisme islamiste au Maghreb, en Syrie, au Nigeria, en Somalie et au Mali ? Enfin, qui a transformé le printemps arabe en hiver islamiste ?

 

De la place Tahrir, Qaradawi, guide spirituel du Qatar et imam occulté de l’UOIF, a lancé : les lumières de l’islam doivent briller sur l’Occident. Autrement dit, le printemps arabe ne s’arrêtera pas aux frontières méditerranéennes. C’est à partir de ce délire messianiste, qui voit dans le triomphe de l’islamisme un signe d’Allah, qu’il faut interpréter la bonté qatarie en terre française. Entre le messianisme et la martyrologie, il y a une causalité intrinsèque, dont le dernier démantèlement de réseaux islamistes en France n’est que la partie apparente de l’Iceberg.TunisieSecret http://tunisie-secret.over-blog.com/

 

nouvelobs.

 

 

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 14:55

La police tunisienne viole aussi des hommes. Une pratique qui perdure manifestement dans la Tunisie d’après la Révolution.

homme-viol.png

 

Radhia Nasraoui a une fois de plus lancé un pavé dans la mare. On apprendra ainsi que les violences sexuelles infligées par la police ne visent pas uniquement les femmes. Parce que selon elle, la police tunisienne viole aussi des hommes. Une pratique qui perdure manifestement dans la Tunisie d’après la Révolution.

Radhia Nasraoui a ainsi déclaré, le jeudi 27 septembre, sur la chaîne Nessma TV, qu’un homme a été violé par des policiers, au cours de cette semaine, dans la région de Gafsa. L’avocate a précisé que c’est la mère du jeune homme agressé sexuellement  à Gafsa qui s’est adressée à elle, regrettant que nulle suite n’ait été donnée à la plainte déposée par cette victime masculine.

Radhia_NasraouiCet acte de torture ne vise pas uniquement les activistes politiques a souligné la militante des Droits de l’Homme et fondatrice de l'Association de lutte contre la torture en Tunisie. En ce même jour, une vidéo d’une rare violence a circulé sur les réseaux sociaux, exposant un homme nu ligoté dans un bureau, avec, autour de lui des agents de police utilisant une matraque pour l’agresser sexuellement.

Et une autre affaire, celle d’Oussama Achouri, un jeune homme de 22 ans qui a déclaré avoir été violé par un policier le 12 mai 2011 refait surface sur les réseaux sociaux.

L’agression de la jeune fille et le viol commis à son encontre par deux agents de la «sécurité» relevant du poste de police des Jardins de Carthage semble avoir délivré la parole de toutes ces victimes jusqu’ici réduites au silence par la peur et l’humiliation.

Selon l’avocate Bochra Belhaj Hamida, «il y a un sentiment d'impunité chez les policiers». Devant le choc causé par cette affaire au niveau de l’opinion publique tunisienne et internationale, va-t-on au moins ne plus permettre ces dérives ? Rie n n’est moins sûr à en croire Me Belhaj Hamida qui souligne : «Il est trop tôt pour dire si cette affaire va changer les choses», précisant que «la question de la réforme de la police se pose toujours, il faut déterminer sur quelle base elle va se faire».

Manifestement, il ne s’agit pas uniquement d’un problème de commandement, ou de volonté politique. Ces actes de barbarie mettent à nu le dispositif sécuritaire tunisien et remettent en cause les fondations même de l’édifice. Les critères de recrutement, les méthodes de formation, la sélection des nouvelles recrues sont donc à revoir de toute urgence. mag&'

 

 

 

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 13:42

«Celui qui sert les intérêts israélo-américains ne peut pas servir les intérêts de son pays.» Mezri Hadad

 

Invité de Politica ce jeudi 27 septembre 2012, M.Mezri Haddad, philosophe et ancien ambassadeur de la Tunisie à l’UNESCO, a répondu pendant 20 minutes aux questions de la radio JawharaFM.


mezri-haddad-unesco-1 

 

Le rôle du Qatar dans la révolution Tunisienne et dans le printemps arabe, qu’en est-il ?

« Je vais commencer par dire que ce révolutions ont été programmées. Le peuple tunisien est conscient aujourd’hui du rôle du Qatar et de ses alliés qui ont exploité ces événements. Ce qui s’est passé est une révolte sociale qui a été suivie par un putsch militaire le 14 janvier 2011. Je n’appelle pas cela une révolution, mais un complot de renversement du pouvoir tunisien, un complot contre le régime et contre le peuple tunisien. Le Qatar a joué un rôle important là-dedans, bien entendu.»

La question de la Syrie et de l’Iran et la guerre imminente ?

« La Syrie est visée, comme l’était la Tunisie, puis la Libye puis l’Egypte, et les prochaines cibles sont I’ Iran et le Liban. Le but derrière ce printemps arabe est la destruction des pays arabes, hormis les émirats du Golf. Je l’ai écrit bien avant l’imposture des élections du 23 octobre 2011 qui ont mené les islamistes au pouvoir ».

Les islamistes aujourd’hui au pouvoir …

« Ceux qui œuvrent dans le but de servir les intérêts israéliens et américains, ne peuvent pas servir les intérêts de leurs propres nationsJe maudis les révolutions qui entrainent la honte et le néocolonialisme qatari ! Je plains les traitres qui ont vendu leur conscience et leur patrie, que ce soit les nahdhaouis ou lesautres. Cet Islam est un Islam d’ignorance et d’intolérance, ce n’est pas un Islam pour la Tunisie. La Tunisie a rejeté le Wahhabisme bien avant Bourguiba. En juin 1814, le fondateur du Wahhabisme, Mohamed IbnAbdelwahab, a envoyé une lettre d’intimidation au Bey Hammouda Pacha, l’invitant à adopter les préceptes de sa secte. Après consultation des grands Cheikhs de la Zitouna, il a répondu à cet imposteur par une lettre où il lui a donné une leçon de théologie et de philosophie islamique. Je rappelle tout cela pour que les Tunisiens et plus particulièrement les jeunes retrouvent leur fierté et leur mémoire historique ».

Ennahdha, islamisme modéré ?

« Oui, modéré selon les critères de Washington et d’Ankara. Cet Islam est un Islam de violence et d’ignorance. Il n’est pas l’Islam éclairé et modéré de la Tunisie. La jeunesse tunisienne doit réviser son histoire. La Tunisie est née des entrailles dbourguibisme et tant qu’elle n’y reviendra pas, elle sera un enfant adultérin

Quel paysage politique futur à espérer ?

« Je ne peux pas faire le devin du futur. Mais pour moi la légitimité, entre guillemets, s’arrête le 23 Octobre 2012. Au-delà de cette date, le gouvernement et la Constituante sont illégitimes. Je souhaite le succès àNidaa Tounes, malgré quelques réserves sur B. C. Essebsi. »

TunisieSecret

 

Ecoutez Mezri Hadad dans Politica jawharafm :

 


 


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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 21:53

 

Eric denécé, écrivain et directeur du CF2R, était invité à un débat sur France24 en langue française pour parler du financement des banlieues en France. Sur le même sujet, Mezri Haddad, philosophe et ancien ambassadeur de la Tunisie à l’UNESCO, était l’invité de France24 en langue arabe. On ne sait pas si les deux hommes se connaissaient, ou s’ils se sont concertés avant de participer à ces débats télévisés. Toujours est-il qu’ils sont exactement sur la même longueur d’onde au sujet du danger que constitue le Qatar. Ce que l’un a dit dans un arabe somptueux, l’autre l’a dit dans la langue de Molière.

Monsieur Eric Denécé est docteur en sciences politiques et il a été Officier-analyste  à la  direction  de  l'Evaluation  et  de  la  Documentation Stratégique du Secrétariat Général de la Défense Nationale (SGDN) et Directeur des  études  du  Centre  d'Etudes  et  de  Prospective  Stratégiques (CEPS). En 2000, il a crée le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), dont il assure aujourd’hui la direction, en même temps qu’il est Professeur-associé à l’université Montesquieu-Bordeaux IV. Il a été le tout premier spécialiste occidental à dire, en février 2011, que la révolution du jasmin est une conspiration américaine.

Monsieur Mezri Haddad est docteur en philosophie politique, docteur en histoire, licencié en sociologie et maître de conférence en théologie catholique. Il a été chercheur au CNRS, puis professeur-associé à Assas, à la Sorbonne et à HEC. Il a dirigé l’institut chypriote Daedalos Institute of Geopolitics avant d’être nommé en 2010 Ambassadeur de Tunisie à l’UNESCO, poste dont il a démissionné en janvier 2011, la veille de la chute du régime.

Lors du débat de France 24, M.Eric Denécé a d’emblée dit qu’il « observe avec surprise que l’argent n’a pas d’odeur », qu’au sujet du Qatar, il y a deux stratégies : « une stratégie d’affaires et une stratégie de prosélytisme ». Il a défini le régime qatari comme un « salafisme modéré », en précisant qu’un « salafiste modéré, c’est comme un nazis modéré ». Pour lui, « le Qatar mène une politique étrangère ultra-extrémiste. On parle du Qatar comme d’un Etat normal. On, si on faisait une échelle d’Etats démocratiques, le régime deBachar Al-Assaad, malgré ses énormes défauts, était encore deux fois plusdémocratique que le Qatar, qui ne donne aucun droit démocratique à ses citoyens. Cet Etat finance des groupes salafistes qui tuent et torturent en Syrie comme ils ont fait en Libye.

Le Qatar intervient au nord du Mali pour répandre un islam radical qui détruit les traditions africaines pour couper les mains, violer des femmes et tuer des enfants ». M.Denécé a affirmé que « Le Qatar est un Etat salafiste modéré –ce qui fait sourire- qui soutient un islam radical de la pire espèce dans le monde arabe… ». « N’oublions pas ce que c’est le Qatar ? C’est un bédouin avec deux chèvres et quelques chameaux qui a trouvé du pétrole », a conclu M.Eric Denécé.

Quant à Mezri Haddad, dont on connaît la haine qu’il voue au Qatar, il a déclaré aussi que ce pays « n’est ni un Etat, ni un Emirat, mais une Machyakhadirigé par des bédouins ». C’est un régime « petit dans tous les sens du terme ». Il a mis en garde contre ces gens qui « ont joué un rôle fondamental dans ce qu’on appelle le printemps arabe ». « Dans chaque dollars investi en France ou ailleurs, il y a le virus et le poison wahhabite », a-t-il affirmé en précisant que les qataris cherchent à moyen et long terme de s’immiscer dans la politique intérieure française par le biais de l’islam de France ». Son contradicteur M.Mohamed Hnid, un tunisien originaire de Zarzis, mandaté pour défendre le Qatar, a alors essayé de le déstabiliser en lui disant : « le printemps arabe est un honneur pour tous les Arabes et vous êtes contre parce que vous étiez un agent du régime et vous avez qualifié les Tunisiens de hordes ». Ce à quoi Mezri Haddad a répliqué : « Le printemps arabe n’honore que les gens sans honneur.

Avec son argent, le Qatar peut tout acheter sauf l’honneur.  J’assume toute la responsabilité dans ce que j’ai dit chez Bourdin. Hordes et mille fois hordes ceux qui ont répondu à l’appel du Qatar de se soulever contre leur propre pays et qui ont conduit la Tunisie au désastre actuel. Je suis fier d’avoir été l’agent de la Tunisie lorsqu’elle était libre et indépendante. Vous, vous êtes l’agent d’un émirat bédouin qui a mis le feu dans le monde arabe ». Que voulez-vous au Qatar » lui a rétorqué M.Hnid. « Je veux qu’elle disparaisse comme elle a détruit la Tunisie, la Libye, l’Egypte et tente de faire la même chose aujourd’hui en Syrie. Ce régime wahhabite s’en prend même à l’Afrique, notamment au Mali où les qataris ont armé et financé des islamo-terroriste pour déstabiliser ce pays » a répondu M.Haddad en ajoutant : « Pour votre chaine Al-Jazeera et son imam hypocrite Al-Qaradaoui, Ben Laden n’est pas un terroriste, Al-Qayda n’est pas une organisation terroriste et les barbares qui égorgent nos enfants en Syrie ne sont pas des terroristes, parce qu’ils sont tous au service du Qatar ».

A la fin du débat, répondant aux questions des éditeurs, notamment Ben Zarrouk Abdelkader d’Algérie (Pourquoi cette peur des projets qataris alors qu’il s’agit d’investissements économiques ?), Mezri Haddad a répondu « Parce que j’ai pour la France, pays de la démocratie, de la liberté et des droits de l’homme, beaucoup d’estime et de reconnaissance. Je crains pour la France de ce poison wahhabite et salafiste que le Qatar distille ».

Tunisie Secret

Videos Mezri Haddad et Eric Denécé

Quand le Qatar investit dans les banlieues françaises Danger...

 

Mezri Hadda Partie1 et 2



 
 Eric Denécé Partie1 et 2


 


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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 14:28

"Transforme la victime en accusée, qui vise à la terroriser et à l'obliger, elle et son fiancé, à renoncer à leurs droits".


viol

 

Plusieurs ONG tunisiennes ont dénoncé, mercredi 26 septembre, les poursuites pour "atteinte à la pudeur" engagées contre une jeune femme violée par deux policiers, alors que le gouvernement dominé par les islamistes est régulièrement accusé de s'en prendre aux droits des femmes.

      Alors que les deux policiers ont été incarcérés pour viol, la jeune femme et son fiancé "ont été convoqués par un juge d'instruction mercredi 26 septembre pour une confrontation où elle est entendue en tant qu'accusée du délit d'atteinte à la pudeur et voies de fait", selon un communiqué signé notamment par l'Association tunisienne des femmes démocrates et la Ligue tunisienne des droits de l'homme.

Les signataires dénoncent une procédure qui "transforme la victime en accusée, qui vise à la terroriser et à l'obliger, elle et son fiancé, à renoncer à leurs droits". Les associations s'interrogent aussi "sur le sérieux de l'engagement du gouvernement à appliquer le plan national de lutte contre la violence faite aux femmes".

      UNE "POSITION IMMORALE"

      Le 3 septembre dernier la victime et son fiancé étaient dans leur voiture lorsqu'ils ont été abordés par trois policiers. Deux d'entre eux ont violé la jeune femme pendant que le troisième gardait son ami. L'affaire avait fait scandale, d'autant que le porte-parole du ministère de l'intérieur, Khaled Tarrouche, avait déclaré que le couple avait été retrouvé par les policiers dans une "position immorale", tout en précisant que cela ne justifiait pas le viol qui a suivi.

Les associations féministes tunisiennes dénoncent depuis l'arrivée au pouvoir des islamistes d'Ennahda le comportement de la police à l'égard des femmes, qui seraient régulièrement harcelées pour leur tenue vestimentaire ou lors de sortie nocturnes sans un homme de leur famille. Les femmes tunisiennes bénéficient du statut le plus moderne du monde arabe depuis la promulgation du Code de statut personnel (CSP) le 13 août 1956 instaurant l'égalité des sexes dans plusieurs domaines lemonde

Lire aussi

Tunisienne violée par les flics : Les détails d’un crime !

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 11:41

Mezri haddad, le philosophe solitaire qui a prédit l'avenir : «Prélude au choc des civilisations»  Article à lire absolument !

« Si le scénario d'une guerre éclair et propre est déjà caduc, celui d'une contagion démocratique qui affectera l'ensemble des pays musulmans relève carrément de la fiction hollywoodienne. » Mezri haddad 2003 Liberation

mezri-haddad-unesco-1

Un ancien article de Mezri Haddad, publié dans le journal français 
/Libération/, le 15 avril 2003, circule beaucoup sur le Net depuis 
quelques jours. Il est titré « Prélude au choc des civilisations ». 
Notre penseur national analyse les conséquences géopolitiques de la 
guerre des USA contre l'Irak et il accuse les néoconservateurs 
américains de pousser le monde arabe dans le chaos de l'islamisme. Comme 
la « Vampirisation de l'islam », son article publié dans /Le Monde/ en 
2009, que nous venons de reproduire, l'article de /Libération/ est d'une 
lucidité remarquable. Mezri Haddad écrit :

« Si le scénario d'une guerre éclair et propre est déjà caduc, celui d'une contagion démocratique qui affectera l'ensemble des pays musulmans relève carrément de la fiction 
hollywoodienne.

C'est plutôt le contraire qui risque de se produire : 
une métastase du cancer intégriste sonnant le glas des Etats laïques ou 
semi-laïques qui tentaient tant bien que mal de se frayer un chemin vers 
la démocratie ». Exactement ce que nous vivons depuis la catastrophe du 
printemps arabe.

Les animateurs de tunisie.secret sont fiers d'avoir été les premiers à 
défendre les positions patriotiques de Mezri Haddad, avec lequel nous 
avons eu un léger malentendu dont nos ennemis sont à l'origine. Nous les 
rassurons tous qu'entre Mezri Haddad et nous, le courant passe toujours 
et que bientôt, notre notre publication passera de blog en site 
professionnel pour démasquer les terroristes islamistes, les traitres 
gauchistes,, les mercenaires des droits de l'homme et, bien sûr, les 
cybercollabos que des agences américaines ont formé pour détruire notre 
pays. Voici l'article de Mezri Haddad dans /Libération/.dernier 

Par HADDAD MEZRI 

Dans son homélie du 26 février dernierdernier le président «très chrétien» des Etats-Unis a prophétisé que «le succès en Irak pourrait ouvrir une nouvelle étape vers la paix et permettre des progrès vers un Etat palestinien vraiment démocratique... Un nouveau régime en Irak serait une très importante source d'inspiration pour les autres nations dans la région». En d'autres termes, que la chute du système baassiste irakien, son remplacement par un régime démocratique, induira comme par enchantement le règlement du conflit israélo-palestinien et provoquera automatiquement une dynamique vertueuse qui se traduira par l'éclipse, partout dans le monde musulman, des autocraties et par l'apothéose de la démocratie. A l'origine de cette Bonne Nouvelle, dans le sens évangélique du terme, l'American Entreprise Institute, le laboratoire des ultraconservateurs et des néofondamentalistes qui approvisionnent en idéologie et en stratégie la Maison Blanche. Selon cet institut beaucoup plus puissant par ses réseaux d'influence que par la pertinence de ses idées politiques ou stratégiques, l'invasion-occupation de l'Irak n'est qu'une «première étape» vers la «libération d'autres pays du Proche-Orient qui vivent sous le joug de tyrans qui soutiennent le terrorisme».

Eurêka, après moult tergiversations et contradictions dans le choix des véritables buts de guerre, nous connaissons enfin les motivations rationnelles, c'est-à-dire politiques et stratégiques, de l'administration américaine. Ainsi, contrairement aux suspicions «malveillantes», voire aux accusations «infamantes» proférées par certains «américanophobes» de la «vieille Europe», la croisade bushienne n'est ni impérialiste, ni colonialiste, ni utilitariste, ni mercantile. Les motivations réelles de l'Amérique seraient profondément altruistes, éminemment morales, intrinsèquement messianiques : faire du Proche-Orient un havre de paix, substituer aux roitelets, oligarques et autres potentats de la région de sympathiques démocrates.

Implanter la démocratie en tyrannie, telle serait donc la nouvelle mission civilisatrice d'une Amérique dopée par sa volonté de puissance et galvanisée par sa vocation eschatologique d'éradiquer le «Mal» pour faire triompher le «Bien». C'est la réactivation du dualisme manichéen que saint Augustin représentait déjà par l'éternel conflit entre civitas dei et civitas diaboli, c'est le combat de Prométhée contre Méphistophélès. Pour les zélotes de l'ultraconservatisme et du néofondamentalisme qui contrôlent l'esprit de Bush, il n'y a pas de cause plus noble, plus juste et plus divine que la démocratisation des Peaux-Rouges de l'Irak et, pourquoi pas, le remplacement du baassisme par le baptisme. Si l'on croit certains journaux américains dont le très sérieux New York Times, les prosélytes de la Convention baptiste du Sud, la seule Eglise aux Etats-Unis à approuver la guerre, disposeraient déjà de campements aux frontières jordano-irakiennes ainsi qu'au Koweït, prêts à secourir «médicalement» et «spirituellement» ce qui restera de la pauvre population irakienne une fois «la colère de Dieu» passée et l'opération «Choc et effroi» achevée.

Régler le conflit israélo-palestinien, imposer par le glaive la démocratie aux Arabes, est un vaste programme, une «noble» et «philanthropique» ambition qu'on aurait tort de ranger au dictionnaire des tartufferies ou de réduire à de vagues élucubrations nostradamussiennes. Le plus tragique dans cette affaire, c'est que le presbytérien George W. Bush croit réellement à sa mission rédemptrice. Et pour cause, les Dick Cheney, Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, Elliot Abrams, Robert Kagan, Richard Perle et autres perles rares du microcosme washingtonien qui n'hésitaient pas à recourir à la théologie pour justifier leur stratégie, avaient fini par persuader leur chef que sa guerre est juste, que les troupes américaines seront accueillies à Bagdad comme des libérateurs, que l'humanité entière finira par rendre au gladiateur de la démocratie, à l'archange de la liberté, l'hommage qu'il mérite. Parce qu'ils n'ont pas de mémoire historique, à l'inverse des Européens, les Américains ne se rendent pas encore compte que le remède qu'ils préconisent est infiniment plus nocif que le mal qu'ils prétendent combattre.

Tels les sauvages de Louisiane décrits par Montesquieu, qui, pour récolter les fruits mûrs d'un arbre n'hésitaient pas à l'abattre car c'est plus commode et plus rapide, les stratèges en antichambre ne réalisent pas que leur scénario paradisiaque pourrait tourner à l'apocalypse. Une offensive militaire contre l'Irak «ouvrirait les portes de l'enfer au Moyen-Orient», avait mis en garde, le 5 septembre dernier, le secrétaire général de la Ligue des Etats arabes qui incarne pourtant bien cette attitude affligeante de la plupart des gouvernements qu'il représente : le verbe haut et le profil bas. Le déroulement de l'expédition militaire, l'occupation des principales villes irakiennes, la chute de Bagdad, semblent démentir les prévisions les plus alarmistes. Mais nous ne sommes encore qu'au début d'un conflit dont les conséquences géopolitiques, diplomatiques, humanitaires, sociales, culturelles et religieuses restent incalculables. La déflagration de la poudrière moyen-orientale ne s'est pas encore produite, mais la mèche est d'ores et déjà bien allumée. Quelques effets secondaires de l'expédition anglo-américaine sont déjà là : anarchie, propension à la guerre civile, la Turquie qui menace d'intervenir, l'Iran qui annonce sa sortie de la neutralité, l'ONU disqualifiée et désormais réduite à ne jouer dans le nouvel ordre national qu'un rôle humanitaire...

Suivant l'exemple de son père qui, la veille de la libération du Koweït et de son régime «très démocratique», avait promis aux Arabes le règlement équitable du conflit israélo-palestinien, George W. Bush a sorti de son chapeau de magicien sa fameuse «feuille de route» qui débouche sur un sens interdit. Hâtivement conçu pour sauver la face aux complices actifs (Koweït, Qatar, Arabie Saoudite) ou passifs (Jordanie, Turquie, Egypte) des Etats-Unis et anesthésier les populations arabes, ce document stratégique n'a pas convaincu Arafat, et Sharon l'a déjà récusé. Nous sommes loin, très loin de la paix concédée par Rabin (il en a payé le prix) et ratifiée par Arafat.

Si le scénario d'une guerre éclair et propre est déjà caduc, celui d'une contagion démocratique qui affectera l'ensemble des pays musulmans relève carrément de la fiction hollywoodienne. C'est plutôt le contraire qui risque de se produire : une métastase du cancer intégriste sonnant le glas des Etats laïques ou semi-laïques qui tentaient tant bien que mal de se frayer un chemin vers la démocratie.

Comme cela a été écrit par les quelques rares véritables connaisseurs du monde arabo-musulman, et non par les «islamologues» de circonstance ou les «irakologues» de télévision, l'agression contre l'Irak a donné à l'intégrisme musulman une nouvelle raison d'être et de sévir. Pis, en catalysant toutes les frustrations et tous les ressentiments, elle a déjà cristallisé deux courants idéologiques jusqu'alors antagoniques : le nationalisme arabe et le radicalisme islamiste.

Aveuglés par leur succès militaire, déjà occupés par le partage du gros butin, les ultraconservateurs de la Maison Blanche ne savent pas ce que représente Bagdad dans la conscience collective arabe. Ils ignorent que cette ville, aujourd'hui assiégée, est pour les nationalistes ce que Jérusalem est pour les islamistes.

Ils promettaient liberté et démocratie aux Irakiens, paix et stabilité pour toute la région. Ils ont déjà introduit l'anarchie et la discorde tribale et interconfessionnelle en Irak, semé la haine entre juifs, chrétiens et musulmans. L'opération «Choc et effroi» va bientôt se terminer ; le cyclone d'un «choc des civilisations» ne fait que commencer.

Galvanisée par son nationalisme paroxystique, droguée par sa volonté de puissance, la machine militaire américaine s'emballe en menaçant l'équilibre universel et la paix dans le monde. Les quelques prosélytes étasuniens qui, en France, ont soutenu l'expédition néocoloniale anglo-américaine devraient se retenir et réfléchir avant de crier victoire.

Si l'Histoire immédiate leur donne partiellement raison, l'Histoire à moyen et long terme risque de leur donner entièrement tort. Qu'ils méditent la leçon de Tocqueville, le plus fin connaisseur de la démocratie américaine : «Il y a deux choses qu'un peuple démocratique aura toujours beaucoup de peine à faire : commencer la guerre et la finir».

Par HADDAD MEZRI 2003 Liberation

Lire Aussi:   Vampirisation de l'islam, Mezri Haddad

TunisieSecret

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 03:05

 

vampire islam-copie-1Un texte d'une rare clairvoyance, dans le silence assoudissant des masses musulmanes, à l'égard de ceux qui ont décidé de parler à leur place. Que n'est-il que trop rare, totalement "atypique", pour, également, flétrir les tentations, en acte actuellement, de compromission totale de "l'Occident" (mythe ou réalité?) avec le fanatisme le plus éculé, tant qu'il "ne concerne que" les Musulmans, premiers touchés et premières victimes! En quoi les "droits de l'homme" ne sont invariablement que ceux qui arrangent le realpolitik, fatigué de combattre l'obscurantisme acharné et meutrier? Aujourd'hui, un homme incarne plus que jamais le compromissionnisme sous toutes ses formes, au nom de l'isolationnisme américain, mais aussi du pantouflage européen, dont il est une sorte de Parangon d'Outre-Atlantique : Barack Hussein Obama, le gentil messie de l'Apocalypse pour les libertés...(lessakele)

 

 

Mezri Haddad est philosophe et théologien musulman
Vampirisation de l'islam
LE MONDE | 25.04.09

 

Lorsque le pape Benoit XVI glose sur l'antagonisme intrinsèquement islamique entre foi et raison, ou qu'un caricaturiste ose tourner en dérision un prophète figé dans une sacralité sclérosante, c'est l'ensemble du monde islamique, du Caire à Islamabad en passant par Paris et Londres, qui réagit dans une hystérie défensive et vindicative.
 

Plus de différence ni de distance entre le quiétiste et l'intégriste, entre l'élite intellectuelle et la horde, entre les régimes théocratiques et les républiques semi-laïques, entre l'islam savant et l'islam populaire ou maraboutique. Tous se mobilisent pour dénoncer l'islamophobie occidentale et les multiples croisades menées contre l'islam pour le discréditer et le honnir. Et pour cause : soutenir l'islam, plaider pour la supériorité de sa doctrine sur les autres systèmes religieux ou philosophiques et pour l'excellence de sa morale est une obligation religieuse.

 

Où qu'il soit, le devoir de chaque musulman - outre le prosélytisme - est de prendre fait et cause pour sa religion et pour ses coreligionnaires contre les ennemis et les comploteurs. "Soutiens ton frère en islam, qu'il soit victime ou coupable", stipule un hadith attribué au prophète. Indéniablement, ce devoir trouve dans le corpus coranique certaines arguties théologiques et dans la sunna quelques justifications prophétiques. De là à dévoyer ces mêmes alibis à des fins terroristes, il n'y a qu'un pas que les candidats au martyr ont vite franchi.

Lorsqu'en revanche une jeune fille de 17 ans, dans le nord-ouest du Pakistan, se fait flageller par un infâme taliban, au nom d'une charia primitive et nauséabonde, la voix de l'islam devient inaudible et la fierté islamique se fait toute petite. Tout le monde se tait : les têtes pensantes comme les têtes couronnées rejoignent les têtes enturbannées dans un silence bien oecuménique. La açabiya, cette solidarité tribale et atavique si bien comprise par Ibn Khaldûn, agit sur les esprits comme un opium. Le frère en religion, si abjecte soit sa conduite, se substitue au frère en humanité. Tout cela pour la gloire de Dieu et l'intégrité de l'islam.

 

Pourtant, à y regarder de près, qu'est-ce qui est plus préjudiciable pour Dieu et plus dégradant pour l'islam, la barbarie talibanesque, déversant toute sa haine et toute sa frustration sexuelle sur le corps d'une jeune fille sans défense, ou le dessin d'un caricaturiste danois ? Qu'est-ce qui est plus choquant pour une religion digne de ce nom, l'encre d'un journaliste ou d'un écrivain irrévérencieux ou le sang des innocents qu'on flagelle, qu'on mutile et qu'on décapite, sans parler des victimes déchiquetées par les attentats-suicides ? C'est pourtant ce prophète, au nom duquel on prétend agir, qui enseignait que "l'encre du savant est plus sacrée que le sang du martyr" !

Assoupis, nos yeux se sont accoutumés à ces horreurs affligeantes : les châtiments corporels. Ce ne sont que des scènes ordinaires dans les pays où le soleil d'Allah brille de ses mille éclats. Particulièrement dans les deux théocraties totalitaires, la wahhabite-sunnite et la khomeyniste-chiite, qui rivalisent d'ingéniosité répressive pour commettre leurs forfaits et méfaits sans laisser de traces visuelles, contrairement à ce qui vient de se passer avec la jeune Pakistanaise flagellée et dont la vidéo a fait le tour du monde.

 

Que Dieu bénisse Internet ! Un outil maléfique et diabolique pour certains grands muftis de l'islam sunnite qui professent leurs visions conservatrices sur les chaînes de télévision arabes, ou pour certains ayatollahs de l'islam chiite qui diffusent leurs théologies djihadiques pour égarer les âmes et galvaniser les esprits. Cette absence de preuves par la photo ou par la vidéo arrange d'ailleurs tout le monde ; les bourreaux comme leurs alliés occidentaux chez lesquels l'invocation des droits de l'homme obéit souvent à une géométrie invariablement variable. La macabre comptabilité, tenue par Amnesty International, des exécutions par lapidation ou décapitation en Arabie saoudite et en Iran, relève du délire.

 

La secte talibane est précisément une excroissance du wahhabisme saoudien, qui est pour l'islam ce que l'Inquisition fut au christianisme : une perversion théologico-politique. Passer du wahhabisme au talibanisme est un processus psychologique et idéologique tout à fait naturel. Le cas d'Oussama Ben Laden est significatif. Lorsque cette secte gouvernait l'Afghanistan au grand dam du commandant Massoud, les seuls Etats qui avaient reconnu leur pouvoir sanguinaire sont l'Arabie saoudite et le Pakistan, deux pays également fondés sur une base confessionnelle et qui doivent leur naissance au génie stratégique anglo-américain.

Ce n'est qu'à partir de 2001 que ces deux Etats ont pris une relative distance avec les talibans. Non guère parce que ces ennemis de Dieu et de l'humanité ont plongé l'Afghanistan dans un chaos obscurantiste en fermant écoles, cinémas et théâtres, ni parce qu'ils ont éliminé Massoud deux jours avant d'exporter aux Etats-Unis leur délire martyrologique, ni encore parce qu'ils ont détruit des monuments bouddhiques vieux de mille cinq cents ans. Mais parce que l'enfant chéri était désormais dans la ligne de mire américaine. Que cela soit dit clairement : la guerre que George Bush et ses stratèges néoconservateurs ont menée contre l'Afghanistan était parfaitement légitime à tous points de vue. C'est l'autre guerre, celle qui a été concomitamment menée contre l'Irak, qui a été juridiquement illégitime et politiquement illégale.

 

Puisque l'Amérique de Bush a été incapable de désintégrer la secte barbare des talibans, celle d'Obama s'apprêterait-elle à la "réintégrer" pour sortir à moindre frais de ce guêpier ? Jour après jour, cette tentation de l'intégrisme intégré semble d'autant plus probante que le mal ne concerne plus uniquement l'Afghanistan, dont l'actuel président cautionne certaines pratiques talibanes au nom du respect de la tradition, mais aussi le Pakistan, puissance nucléaire, qui se talibanise à son tour. C'est le très sérieux journal pakistanais The News qui écrit : "Peut-être est-il temps d'accueillir les talibans à bras ouverts, car, après tout, ils sont beaucoup plus représentatifs que la quasi-totalité de ceux qui siègent à l'Assemblée nationale."

L'envoi en Afghanistan de troupes supplémentaires américaines et françaises, comme le souhaite Obama, contribuerait paradoxalement à l'accélération de ce processus de dédiabolisation et de normalisation du fanatisme que les Algériens ont connu avec l'adoption de la loi sur la "concorde civile", offrant aux égorgeurs une seconde chance d'abandonner le maquis pour rejoindre la République... islamique. Hillary Clinton invoque déjà la nécessité de dialoguer avec les "talibans modérés" ! Et un grand quotidien français (Le Figaro) ouvre ses colonnes à l'ancien ministre des affaires étrangères du gouvernement taliban, un diplomate "fin et brillant", proche conseiller du mollah Omar, pour réhabiliter ce talibanisme si mal compris par l'Occident.

Est-il besoin de rappeler que cette approche existait déjà dans les choix stratégiques des Etats-Unis d'Amérique sous Bill Clinton. Dans son dernier livre (Dieu, l'Amérique et le monde), l'ancienne secrétaire d'Etat, Madeleine Albright, défend implicitement cette position qu'on peut résumer ainsi : au nom de la sacro-sainte spécificité culturelle et de la démocratie, si les musulmans sont majoritairement pour l'islamisme au pouvoir, qu'on les laisse faire à condition de les contenir dans leurs limites géographiques.

Voilà où nous en sommes, nous autres musulmans, et voilà où nous a menés la défense impulsive et compulsive de l'islam. Celui des wahhabites, celui des khomeynistes, celui de France lorsqu'il manifeste contre l'interdiction du voile à l'école et, bientôt, celui des talibans.

Est-ce d'ailleurs à la France d'envoyer son armée en Afghanistan ou aux Etats musulmans de le faire - mieux vaut tard que jamais - pour éviter à ce pays de sombrer dans le fascisme vert et pour que l'image de l'islam, dont ils sont si soucieux, ne soit pas davantage flétrie ?

 

Le temps n'est-il pas enfin venu d'affranchir l'islam du carcan intégriste, plutôt que d'accuser les autres de confondre sciemment islam, islamisme et terrorisme ? Mais qui est à l'origine de cet amalgame ? Celui qui le relate ou celui qui l'incarne par son fanatisme ? Dès lors, la question que chaque musulman doit se poser est la suivante : les défenseurs de l'islam, les intégristes comme les terroristes, ne sont-ils pas in fine ses pires fossoyeurs ?

L'intégrisme n'est point le lieu d'incarnation de l'islam mais son lieu d'incarcération. Montesquieu n'avait-il pas raison d'écrire : "Comme la religion se défend beaucoup par elle-même, elle perd plus lorsqu'elle est mal défendue que lorsqu'elle n'est point du tout défendue" ? Et si ce philosophe "mécréant" n'interpelle pas la conscience islamique, voici ce que Dieu énonce dans le Coran : "C'est Nous qui avons fait descendre la révélation et c'est Nous qui en sommes les seuls protecteurs."Tunisie-Secret

 

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 02:42

Benetton, Charlie HebdoGolgota Picnic, les caricatures de Mahomet, La Dernière Tentation du ChristJean-Luc Godard, Costa-Gavras, Castellucci, Piss Christ... Les religions ont toujours entretenu des rapports ambigus, pour ne pas direhostiles, avec la représentation. Cette année, frappée par une inflation de scandales sur ce thème, détient sans doute un record : depuis le mois d'avril, pas moins de cinq "représentations" du divin ont défrayé la chronique en France.

Les appels à la censure visent trois secteurs : la publicité, la presse et l'art.Vendrerire et créer, trois libertés bien distinctes, rassemblées pour l'occasion sous un même chef d'accusation : le blasphème. Peine perdue, objecteront les rationalistes, puisque le délit de blasphème n'existe plus en droit français depuis la Révolution. Il n'empêche, à l'heure de la communication de masse, plus personne n'échappe à l'invasion des images, et les susceptibilités sont exacerbées.

Illustration ci-dessous avec une sélection de quinze images jugées blasphématoires qui ont choqué ces dernières années. On constate que l'écrasante majorité de ces scandales – à l'exception des crises récurrentes autour des caricatures de Mahomet – sont liés au christianisme. "Un auteur s'intéresse en priorité à ce qui l'a traumatisé pendant son enfanceLes images scandaleuses en France sont donc majoritairement chrétiennes"expliqueEmmanuel Pierrat, avocat spécialisé dans les affaires de censure et auteur de 100 Images qui ont fait scandale (Ed. Hoebeke, 2011).

Mais le blasphème et la représentation du divin, assimilés de longue date dans l'Occident chrétien, sont plus douloureusement vécus dans d'autres confessions ou régions du monde, où ils n'ont pas valeur de tradition. Dans un entretien au Monde.fr, François Bœspflug, dominicain, professeur d'histoire des religions à la Faculté de théologique catholique de l'université Marc-Bloch de Strasbourg, revient sur le statut de l'image dans l'histoire des religions. Il rappelle que, parmi les religions monothéistes abrahamiques, la représentation du divin est une spécificité chrétienne. La caricature religieuse est quant à elle une tradition européenne depuis la fin du XIXe siècle. Elle n'en constitue pas moins, à l'échelle des siècles, une situation tout à fait "insolite dans l'histoire des civilisations".

  • Unhate (Benneton) – 15 novembre 2011

 

La photo incriminée que Benetton a retiré de sa campagne, montrant le pape et le grand imam sunnite Ahmed Mohammed Al-Tayeb.

 

Benetton est un habitué des campagnes choc (voir l'affiche de 1992 plus bas). Sadernière en date, diffusée le 15 novembre, met en scène, parmi d'autres "couples" célèbres, le pape Benoît XVI embrassant l'imam de l'université Al-Azhar du Caire, la plus haute autorité sunnite égyptienne, Ahmed Al-Tayeb.

Fait rare, le photomontage fait aussitôt réagir les plus hautes autorités de l'église catholique. Le porte-parole de la Conférence des évêques de France, Mgr Bernard Podvin, y voit "un buzz assez indigne". Le Vatican dénonce "une utilisation inacceptable de l'image du Saint-Père, manipulée et instrumentalisée dans le cadre d'une campagne publicitaire à des fins commerciales".

La marque italienne annonce dès le lendemain le "retrait immédiat de l'image de toute publication". Insuffisant pour l'Eglise. Redoutant que l'image soit diffusée sur d'autres supports, le Vatican annonce des actions en justice à travers le monde. Plus prudente, la principale institution sunnite égyptienne "hésite encore poursavoir si cela mérite une réponse tant ce n'est pas sérieux".

"Une réaction des autorités officielles chrétiennes est devenue un phénomène rare, explique Emmanuel Pierrat. La dernière fois que l'épiscopat français avait réagi à une image, c'était la photo de La Cène [voir ci-dessous], contre laquelle une plainte avait été déposée. Depuis vingt ans, on assiste plutôt à des opérations coups de poing ou des actions en justice de groupuscules fondamentalistes comme l'Agrif", l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne, proche du Front national, ou l'Institut Civitas, des catholiques traditionalistes et intégristes proches de l'extrême droite.

Lire : " L'épiscopat réfléchit à son attitude face aux œuvres blasphématoires"

  • Golgota Picnic (Rodrigo Garcia) – novembre 2011

 

A Toulouse, le 16 novembre, manifestation de catholiques intégristes à l'occasion de la première de "Picnic Golgota".

 

"J'ai honte de présenter une œuvre d'art protégée par des mesures de sécurité."C'est par ces mots que s'est ouverte la première représentation de Golgota picnic, de Rodrigo Garcia, le 16 novembre, à Toulouse (lire le reportage du Monde, accès payant). Devant le Théâtre Garonne, les forces de l'ordre canalisent les manifestants de l'Institut Civitas, venus protester contre une pièce qu'ils jugent"blasphématoire".

Celle-ci est inspirée par la peur de Dieu que l'auteur espagnol a connue quand il était enfant. Elle a été joué à Madrid, puis à Rotterdam et à Graz, sans susciterd'incident. Elle est programmée à Paris du 8 au 17 décembre.

Aucune violence n'est constatée aux abords du théâtre, entre les membres de l'Institut et ceux, deux fois plus nombreux, qui manifestaient leur soutien à la pièce. Trois élus radicaux de gauche de la ville ont cependant tenu, "au nom de la laïcité",à critiquer la "démarche provocante" de la pièce, jugeant que "les subventions publiques ne doivent pas servir à financer ce genre de spectacle".

L'Agrif, dirigée par l'ancien député européen du Front national Bernard Antony, porte plainte. Elle est déboutée. "Ces groupuscules étaient dispersés pendant quelques années. Ils sont aujourd'hui réunifiés, non pas sous la banière de l'Eglise catholique, mais du Front national", explique Emmanuel Pierrat.

Eclairage : " Extrême droite : la mouvance intégriste cherche sa revanche"

  • Charlie Hebdo, Mahomet et le cocktail molotov – novembre 2011

 

La une de Charlie Hebdo une semaine après l'attentat qui a détruit ses locaux

 

Quelques jours avant la parution d'un numéro spécial intitulé "Charia Hebdo", dont la couverture circule déjà sur le Net mais que personne n'a encore eu le loisir defeuilleter, le siège de l'hebdomadaire satirique est victime d'un incendie d'origine criminelle. Une semaine plus tard, Charlie retrouve le chemin des kiosques avec un appel à la tolérance en forme de french kiss.

L'enquête n'a pas permis d'identifier les auteurs de l'attentat. Mais leur acte a porté au-delà des frontières de l'Hexagone. Dans les jours qui suivent, une centaine de salafistes manifestent devant l'ambassade de France au Caire pour protestercontre le journal satirique. Des groupes djihadistes appellent les musulmans d'Egypte, de Libye et de Tunisie à "manifester pour réclamer à leurs dirigeants derompre leurs relations avec la France". Ils demandent que le blasphème soit"condamné par la loi".

Le blasphème, objet de toutes les incompréhensions, ici comme ailleursUne tribune publiée en France, signée notamment par Rokhaya Diallo et les "Indigènes de la République", dénonce l'"anticléricalisme primaire doublé d'une obsession islamophobe" du magazine satirique. Ses auteurs affirment que le blasphème existe bel et bien en France : "Les leçons de tolérance adressées par l'élite blanche aux musulmans, présumés coupables de l'incendie, sont pour le moins malvenues puisque, contrairement à ce qui se dit et se répète, le délit de blasphème existe en France : depuis les lois Sarkozy de 2003, de très lourdes amendes et peines de prison sont prévues contre toute 'offense au drapeau ou à l'hymne national'."

Il ne s'agit évidemment pas d'un délit de blasphème, ou alors par extension, ce délit étant banni du code pénal depuis plus de deux siècles : le délit d'outrage au drapeau français, prévu par l'article 433-5-1 du code pénal, a été voté en 2003 à la suite du match de foot France-Algérie au cours duquel La Marseillaise avait été sifflée. Au pays de la laïcité, le tabou des symboles républicains a remplacé, accidentellement, celui du divin. "On se rapproche d'une situation à l'américaine, où on peut blasphémer tant qu'on veut, mais où il est interdit de brûler le drapeau national", souligne Emmanuel Pierrat.

Eclairage : Peut-on vraiment sanctionner une atteinte au drapeau français ?

  • Sur le concept du visage du fils de Dieu (Romeo Castellucci) – octobre 2011

 

Représentation de la pièce de Romeo Castellucci, "Sur le concept du visage du fils de Dieu" au Festival d'Avignon en juillet 2011.

 

Le 20 octobre, des membres d'Institut Civitas interrompent la représentation qui se tient au Théâtre de la Ville à Paris. La pièce met en scène un père et son fils affrontant ensemble la déchéance de l'âge, sous le regard d'un portrait géant du Christ peint par Antonello de Messine.

La Ville de Paris et le Théâtre de la Ville portent plainte. Quelques jours plus tard, une vingtaine de fondamentalistes seront placés en garde à vue après avoir jeté des boules puantes dans la salle aux cris de "christianophobie, ça suffit !".

Le secrétaire général de Civitas, Alain Escada, salue l'intervention de ses troupes :"Jeudi comme vendredi, des jeunes gens issus de mouvements divers ont démontré qu'une belle jeunesse pouvait se coaliser pour défendre l'honneur du Christ à travers une grande réaction spontanée qui s'étendra, je l'espère, de jour en jour." Aux avant-postes de cette mouvance catholique intégriste se trouve un groupuscule, le Renouveau français, qui joue volontiers le rôle de "groupe choc" pour l'Institut Civitas.

L'Eglise, elle, prend ses distances avec les intégristes. Le président de l'assemblée des évêques, Mgr André Vingt-Trois, demande aux catholiques de ne"pas se laisser enfermer dans une forme de débat où l'Eglise se défendrait elle-même comme un groupe minoritaire". Il dénonce les méthodes d'"un groupuscule lefebvriste qui fait de la foi un argument de violence".

Mais des initiatives et des déclarations diverses laissent apparaître des divergences au sein des autorités officielles. Certains évêques, comme celui de Vannes (Morbihan), Mgr Centène, ou de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), Mgr Aillet, soutiennent les manifestants parisiens.

Blog Digne de foi : compte-rendu du colloque de l'association Aide à l'Eglise en détresse sur la "christianophobie" en Europe

L'interview de Romeo Castellucci : La foi est à mille lieues de l'idéologie"

 

"Immersion Piss Christ"

 

Des centaines de militants d'Institut Civitas manifestent leur colère devant le musée d'art contemporain privé d'Avignon pour protester contre l'exposition d'une photographie de l'artiste new-yorkais afro-cubain Andres Serrano, Piss Christ. Une poignée d'entre eux s'introduit dans l'établissement et détruit la photoL'œuvre, qui représente un crucifix plongé dans un verre d'urine, n'est pourtant pas nouvelle : elle date de 1987. Critiquée à chacune de ses apparitions par les évangélistes protestants américains, elle avait été exposée il y a deux ans au Centre Pompidou sans faire de bruit. L'artiste, Serrano, se décrit comme croyant et "fasciné" par la foi catholique.

Eclairage : " Qui sont ces catholiques intégristes qui protestent ?"

Tribune : " Le symbole du Christ doit être respecté par les artistes"

 

Publicité pour les glaces Antonio Federici.

 

Une nonne enceinte déguste une glace à l'intérieur d'une église. Un slogan :"Conçue de manière immaculée". Cette campagne de publicité pour une marque de glace italienne est destinée au marché britannique, pays dont la majorité des habitants sont anglicans (protestants). Mais "elle n'est pas du goût de tous les amateurs de glaces", relate Emmanuel Pierrat. Des plaintes affluent en direction de l'Autorité de régulation de la publicité britannique. Celle-ci décide d'interdire les photos, jusque-là parues dans la presse essentiellement féminine, au motif qu'elles portent atteinte aux valeurs des catholiques.

  • Publicité de Marithé et François Girbaud – 2005

 

La publicité de Marithé et François Girbaud pastiche "La Cène".

 

Marithé et François Girbaud, créateurs de vêtements, réalisent un pastiche de La Cène de Léonard de Vinci. La mise en scène chiffonne l'Eglise : les onze apôtres, ainsi que le Christ, sont remplacés par de ravissantes jeunes filles.

L'association catholique Croyances et libertés, qui représente l'épiscopat français, porte plainte. Les créateurs perdent en première instance puis en appel, le juge ayant qualifié l'affiche d'injure faite aux chrétiensrapporte Emmanuel Pierrat.

"L'injure ainsi faite aux catholiques apparaît disproportionnée au but mercantile recherché." Le péché est encore aggravé par " l'incongruité de la position du seul personnage masculin, présenté dans une pose équivoque", estime le tribunal. Le juge ordonne le retrait immédiat de l'affiche. L'affaire est portée devant la Cour de cassation. Le 14 novembre 2006, l'arrêt de la cour d'appel est cassé et l'association Croyances et libertés déboutée.

  • Les caricatures de Mahomet – 2005

 

Des activistes pakistanais brûlent un drapeau du Danemark pour protester contre les caricatures de Mahomet publiées dans des journaux danois, à Lahore, le 5 mars 2008.

 

Le 30 septembre 2005, le quotidien danois Jyllands-Posten publie des caricatures de Mahomet. Sur l'une d'entre elles, la tête du prophète est surmontée d'un turban en forme de bombe. Une colère sans précédent embrase le monde musulman. Des ambassades ont été prises d'assaut, des produits danois boycottés. Un an après, les spécialistes ont recensé 300 manifestations dans une vingtaine de pays, ainsi que des morts au Nigeria, en Libye et en Turquie, où une église a été incendiée.

Les têtes des caricaturistes sont mises à prix, 100 000 dollars par Al-Qaida, 1 million de dollars et une voiture de la part d'un dignitaire musulman pakistanais. Plusieurs attentats terroristes visant les satiristes sont déjoués.

Par solidarité, 150 journaux dans une soixantaine de pays reproduisent les caricatures. A la suite de France-Soir et de journaux allemand, italien, espagnol, belge ou même égyptien, Charlie Hebdo décide de publier les caricatures dans son édition du 8 février 2006.

 

La une de "Charlie Hebdo", en 2005.

 

L'Union des organisations islamiques de France, la grande mosquée de Paris et la Ligue islamique mondiale (LIM) portent plainte. Le délit de blasphème n'exitant pas en droit français, ils s'appuient sur l'article R. 624-4 condamnant "l'injure envers un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée".

Un an plus tard, le "procès des caricatures de Mahomet" s'ouvre. Sur le banc des accusés, le directeur de la publication, Philippe Val. Face à lui, Me Salah Djemaï, conseil de la LIM, organisation basée en Arabie saoudite"La Ligue islamique mondiale veut sensibiliser l'opinion à la montée du racisme dans ce pays. On envisage de demander l'euro symbolique. La Ligue islamique mondiale ne fait pas ça pour le fric. Le fric de M. Val est puant", lance-t-il. Philippe Val est relaxé.

Le Coran considère la représentation de Dieu et de tout être animé comme une"abomination". Mais l'interdit de la représentation du prophète a été constamment détourné en terre d'islam. La carte postale ci-dessous, qui représente un "jeune Mahomet", n'a cessé de circuler en Iran qu'en 2008, rapporte Slate.

 

Le jeune Mahomet.

 

Analyse : " Respect des croyances ou manipulation de l'islam ?"

Tribune de Jean-Michel Ribes : " Quel est ce sacré qui tremble devant le rire ?"

  • Amen (Costa-Gavras) – 2002

 

"Amen" (Costa-Gavras) - 2002

 

Découvrant les affiches qui annoncent la sortie du film de Costa-Gavras, l'Agrif assigne en référé le producteur, le réalisateur et le distributeur afin d'obtenirl'interdiction de l'affiche sur la voie publique. Elle estime que, pour des raisons mercantiles, cette image constitue "une offense gratuite, inutile et publique aux sentiments religieux les plus respectables", raconte Emmanuel Pierrat.

L'argument est immédiatement réfuté par Costa-Gavras : "L'affiche correspond au problème posé par le film, qui est traité aussi par de nombreux historiens : celui de la responsabilité du Vatican, du fait de sa passivité lors du génocide des Juifs et des Tziganes par les nazis." L'Agrif est déboutée, le tribunal jugeant que "les catholiques, ou plus généralement les chrétiens d'aujourd'hui, [...] ne sont pas visés par l'éventuelle imputation diffamatoire".

  • La Nona Ora (Maurizio Cattelan) – 1999

Le titre de cette œuvre de l'Italien Maurizio Cattelan (La Neuvième Heure) fait référence au moment de la mort du Christ. On y voit le pape terrassé par une attaque de météorites, victime de la colère divine. Deux responsables politiques polonais, la nationalité de Jean-Paul II, ont exigé que la scupture soit retirée de l'exposition au motif qu'elle n'était pas sur ses pieds. Mais comme souvent, la provocation se révèle lucrative : La Nona Ora s'est vendue 2,7 millions de dollars (hors frais) en 2004.

  • Publicité Benetton (Oliviero Toscani) - 1992

En 1992, Oliviero Toscani met en scène un jeune couple formé d'un prêtre et d'une nonne se donnant un baiser parfaitement profane. La campagne, baptisée"Kissing Nun", est censurée en France et en Italie. Ironie de l'histoire, elle reçoit auRoyaume-Uni le prix Eurobest, qui récompense les meilleures créations publicitaires européennes.

  • Il gèle en enfer (Jean-Pierre Mocky) – 1990

 

"Il gèle en enfer", de Jean-Pierre Mocky (1990).

 

Jean-Pierre Mocky n'aime rien tant que chatouiller la susceptibilité des croyants. Les petits anges sexués de l'affiche d'Il gèle en enfer lui apporteront entière satisfaction. L'Agrif réclame aussitôt son retrait. Elle est là encore déboutée.

  • La quéquette à Jésus-Christ (Politis) – 1989

 

La une de "Politis", en 1989.

 

Un peu plus d'un an après sa création, l'hebdomadaire Politis publie un dossier consacré aux abus de la restauration des œuvres d'art, "qui s'attarde naturellement sur les dérives pudibondes de l'Eglise catholique, une experte en la matière", relate Emmanuel Pierrat. En couverture, un magnifique exemple de ces agissements : un Christ nu de Michel-Ange, dont les autorités cléricales avaient exigé que le sexe fût dissimulé derrière un voile de bronze.

La couverture de l'hebdomadaire est barrée du titre "La quéquette à Jésus-Christ", allusion à une comptine enfantine qui se chantait jadis. La rédaction de Politisreçoit des menaces après la sortie de ce numéro et va se retrouver sous protection policière.

  • La dernière tentation du Christ (Martin Scorsese) – 1988

 

Scène du film "La Dernière Tentation du Christ".

 

A sa sortie en 1988, ce film de Martin Scorsese retraçant la vie d'un Christ écartelé entre son humanité et sa divinité est victime de violentes attaques des catholiques intégristes de droite. Leur colère atteindra un point culminant avec l'incendie du cinéma Saint-Michel à Paris, dans la nuit du 22 au 23 octobre, qui fera plusieurs blessés, dont un à vie.

Cinq militants de l'Agrif sont arrêtés et condamnés à de la prison avec sursis et à 450 000 francs de dommages et intérêts. Ce qui n'empêchera pas l'association derevendiquer le concept de "racisme antichrétien" pour tenter de détourner la législation antiraciste au service de la lutte contre le blasphème.

Après trois semaines de diffusion dans dix-sept salles parisiennes, seules deux salles poursuivirent la distribution. Les autres abandonnent la partie face aux actes de dégradation dont elles font l'objet. Des actes similaires sont commis dans d'autres villes françaises. Le Front national réclame pour sa part la destruction pure et simple des bobines.

Le film présente un Jésus dans le doute, amoureux de Marie-Madeleine et cédant à la tentation. S'inspirant de La Dernière Tentation de l'écrivain grec Nikos Kazantzaki, le réalisateur tente de retracer la vie d'un Jésus tenté par l'humanité."Ce qui m'a fasciné dans l'œuvre de Kazantzaki, c'est que Jésus y est présenté d'abord comme un homme qui souffre autant que nous tous. Bien qu'il soit le messie, il doit s'incarner en un être humain pour vivre pleinement nos épreuves",expliquait à l'époque Martin Scorsese.

Tribune : " Les nouveaux inquisiteurs", par Caroline Fourest

  • Je vous salue Marie (Jean-Luc Godard) – 1985

 

L'affiche du film "Je vous salue Marie" (Godard), de Jean-Luc Godard (1985).

 

Lorsque le film de Jean-Luc Godard sort en salles, on retrouve encore l'Agrif au premier rang. Objet du courroux de l'association frontiste : l'affiche, sur laquelle on voit un ventre de femme, probablement enceinte de Jésus, s'offrant à la main d'un homme, au choix l'archange Gabriel ou son époux Joseph.

L'Agrif saisit la justice et perd. "Elle est déboutée de sa demande de censure au motif que le film est exclusivement projeté dans les salles de cinéma, et ne peut donc choquer des personnes qui n'auraient pas souhaité le voir", raconte Emmanuel Pierrat.

Les intégristes maintiennent la pression en organisant des manifestations devant les cinémas qui programment le film. "A Nantes, un sit-in organisé par les défenseurs de la foi, qui se rassemblent pour prier pendant chaque séance du film, tourne à l'affrontement avec quelques punks facétieux venus défendre la liberté d'expression à coups de seaux d'eau et de boules puantes", poursuit-il.

Soren Seelowlemonde

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 23:41

Le suicide plutôt que la vie. Une enseignante  âgée de 23 ans,  au chômage est décédée le 18 septembre des suites de ses brûlures 

 

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Une enseignante d’éducation physique au chômage est décédée le 18 septembre des suites de ses brûlures à l’hôpital de Kairouan, après s’être immolée par le feu dimanche.

D’après son frère, la défunte a décidé de mettre fin à ses jours car elle était au chômage et désespérée devant le manque d’opportunités de travail, a rapporté.

Presque deux ans après la Révolution Tunisienne, Mohamed Bouazizi semble continuer à faire des émules.

 

Un agent de police , nommé Jobrane Daghbaji âgé de 25 ans, s’est suicidé , mercredi 24 août 2012 à Kasserine  ,a confirmé Nabil Ayari, un cadre au sein du syndicat national des forces de sûreté. 

L’agent a été transféré à l’hôpital régional de Kasserine, où il a succombé à ses brulures après s’être immolé par la feu. La situation sociale dans laquelle le jeune homme vivait, et les conditions de travail dans lesquelles il exerçait, étaient  les  principales raisons qui ont motivé l’acte du défunt, selon Nabil.

Le responsable syndical a exprimé, par la même occasion, son refus des affectations effectuées par le ministère de l’intérieur qui ne prend pas en considération les conditions sociales dans lesquelles vivent les agents de sécurité.

Par contre, Dhaghbaji  n’a pas confirmé ni nié l’information circulant sur Internet indiquant que la cause principale du suicide du jeune agent était une décision qu’il a jugé injuste prise à son égard par le ministère de l’intérieur en procédant à son affectation  vers un autre endroit.

 

Printemps Arabe : Les jeunes Tunisiens croyaient se mettre au service d’une cause noble : la démocratie, le respect des droits de l’homme, la justice sociale  et la liberté d’expression en Tunisie. Les plus sensibles parmi ces jeunes ne peuvent pas, en effet, supporter de voir la Tunisie succomber au virus islamiste et régresser de cette façon. Le suicide plutôt que la vie

Lire aussi:

 

L'activiste tunisien Karim Alimi retrouvé pendu chez lui, suicide ou meurtre ?

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 12:49

 

Tunisie :  Viol d'une fille par trois policiers
 

“Dans la nuit du 3 au 4 septembre, aux alentours de minuit, la victime et son fiancé se trouvent dans leur voiture dans une situation normale et décente, contrairement aux déclaration

s très controversées du porte-parole du Ministère de l’Intérieur qui avait avancé que la victime et son compagnon étaient dans une situation indécente ou encore immorale (traduction littérale) au moment des faits dans une rue de Ain Zaghouane.
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C’est alors qu’un véhicule civil s’approche d’eux. Trois hommes en descendent et procèdent directement à l’ouverture des portières de la voiture leur demandant de descendre et déclarant qu’ils font partie du corps policier rattaché au poste de police « Les Jardins de Carthage » situé à Aïn Zaghouan.

Tout de suite après, les policiers menottent le compagnon de la victime et emmènent cette dernière vers leur véhicule. Puis l’un des agents de l’ordre revient vers le fiancé, le fait remonter dans sa voiture et l’éloigne du lieu de l’arrestation en conduisant lui-même.
Entretemps, les deux autres policiers font monter la jeune femme dans leur véhicule et lui demandent ce qu’elle est en mesure de leur offrir. La jeune femme rétorque qu’elle dispose de 40 dinars et qu’elle est prête à leur donner l’argent. Les deux agents se moquent alors d’elle et l’informent qu’elle va leur offrir autre chose. La victime est alors placée sur la banquette arrière. Un agent la rejoint à l’arrière du véhicule tandis que l’autre reste au volant observant son collègue en train de procéder au viol. Ce dernier ordonne à la jeune femme de ne pas crier et de pleurer en silence. Une fois le viol terminé, les deux agents s’échangent les places et c’est au tour du second de procéder au deuxième viol.

Pendant que la victime se fait violer, le troisième agent qui avait éloigné le fiancé de la scène du viol interroge ce dernier. L’agent le menace de lui coller un procès pour adultère s’il ne lui file pas la somme de 300 dinars. Le fiancé de la victime rétorque alors qu’il ne possède pas la somme. L’agent lui propose de le conduire à un distributeur automatique de billets pour retirer l’argent, ce que le jeune homme accepte de faire. Cependant, ce dernier ne parvient pas à retirer la somme. Le policier lui retire alors sa carte d’identité et son permis de conduire et lui demande de ramener l’argent le lendemain pour pouvoir récupérer ses papiers. Il le reconduit ensuite au lieu de l’arrestation où stationne le véhicule des deux autres agents.

Lorsqu’il descend de la voiture, le compagnon de la victime voit que sa fiancée est encore à l’intérieur du véhicule des forces de l’ordre. Il tente alors d’agresser physiquement les deux policiers. Pour l’en empêcher, l’un des agents tente de faire usage de gaz paralysant mais le fiancé parvient à lui arracher le dispositif. A ce moment, les policiers négocient avec lui afin d’échanger le dispositif à gaz contre ses papiers et sa fiancée. Ce qui fut.

Une fois le couple remonté dans leur véhicule, la jeune femme raconte les faits à son compagnon qui décide de l’emmener à la clinique du Lac où elle est auscultée de suite. Le viol est médicalement avéré. La clinique contacte alors la police conformément à la procédure. La victime et son fiancé sont convoqués le 4 septembre 2012 au tribunal de première instance, 3ème étage, siège de la sous-direction de la prévention sociale (police judiciaire) où ils sont confrontés à leurs agresseurs. La victime et son fiancé sont gardés pendant 7 heures. Ils sont humiliés et subissent une forte pression afin de les obliger à abandonner la plainte. La victime, en raison du choc psychologique, décide d’abandonner les poursuites et un procès verbal est rédigé dans ce sens.
Une fois sortis du poste de police, la victime et son compagnon se dirigent directement chez un avocat et portent plainte auprès du Ministère Public.” 


Par Olfa Riahi tobegoodagain
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