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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 12:17

 

les Journaux allemands dénonçant la vente d'armes vers l'émirat du QATAR qui exporte le salafisme

 

CHARD.jpg

 

arton174018-e15a2Qu'est-ce que ce vieillard  veut faire avec 200 chars ?

L'attaque la plus violente sur le Qatar c'est le journal " express ", qui a publié sa question:« Qu'est-ce que ce vieillard  veut faire avev 200 chars Leopard 2? ",  "Voulez-vous que le prince Hamad bin Khalifa tue son peuple avec  ces chars?,

surtout que  les révolutions du monde arabe ont renversé plusieurs gouvernements et des dictatures."

Elle a conclu en disant que "Voulez-vous qu'il attaque  l'Iran ou fournir le meilleur char du monde aux rebelles syriens" ?

 

 

Selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, le Qatar serait très intéressé par le char de combat Leopard-2, et pourrait en commander 200 exemplaires à l'Allemagne. Le succès de ce véhicule ne se dément pas, mais les clients qui s'y intéressent ne séduisent pas tous les Allemands.

 

Le Leopard allemand a beaucoup d’admirateurs. Sous les latitudes germaniques, cet animal prend des allures assez martiales : un char de 65 tonnes, une vitesse de pointe de 70 km/h et un canon de 120 millimètres capable d’atteindre des objectifs à 2,5 kilomètres. 

 

Le Qatar figure, d’après l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, parmi les pays intéressés. L’émirat serait prêt à acheter 200 exemplaires du Leopard-2 pour un montant pouvant atteindre 2 milliards d’euros. 

 

Les Verts allemands ont immédiatement critiqué cette information, dénonçant la situation des droits de l’homme au Qatar. L’intérêt manifesté par l’Arabie Saoudite pour le même char - une commande de 270 appareils - suscite elle aussi des polémiques. Et l’information non confirmée durant le voyage d’Angela Merkel en Indonésie en juillet d’une possible livraison de 100 Leopards d’occasion à Jarkarta a souligné le succès du char de combat. L'opposition allemande s'inquiète notamment du fait que cette version du Leopard est optimisée pour les opérations en milieu urbain.

 

L’Allemagne est le troisième exportateur d’armes au monde avec un volume équivalent à ceux de la France et la Grande-Bretagne réunis.

 

 

 

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 11:51

 

Tunisie : Vacance au pays d'Ennahda, Marzouki "le salafisme a des beaux jours devant lui"

 

 

Le président Moncef Marzouki a déclaré devant les députés français que la Tunisie n'était pas tombée dans l'escarcelle des islamistes, mais dans celle de la démocratie. Le processus de transition démocratique doit être non seulement souligné, mais, surtout, fermement soutenu en Tunisie.

En ce sens, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartelonne, a plaidé, dans son discours d'accueil au président tunisien, pour une compatibilité entre islam et démocratie. Aujourd'hui, les signes se multiplient vers toujours plus d'islam depuis la Révolution.

Alors qu'Habib Bourguiba convoquait les caméras de télévision pour ôter le voile des femmes au lendemain de l'indépendance, celles qui ne le portent pas sont désormais en passe de marginalisation. Le nikab se banalise et les boutiques de prêt-à-porter l'exposent dans leurs vitrines. Les murs se couvrent de graffitis islamiques appelant au jihad, et menaçant de mort ceux qui insulteraient, par leurs paroles ou actes, Dieu et son prophète. Sur les plages, les Tunisiennes qui osent se baigner en bikini se comptent sur les doigts d'une main. L'appel à la prière de l'aube (qui ne fait pas partie des 5 prières obligatoires) est lancé du haut de minarets dès 3 h 30 du matin, sans soulever de mouvement de contestation. Aujourd'hui, des groupes salafistes multiplient les actions plus ou moins spectaculaires. Lorsqu'ils s'attaquent à l'art ou paralysent l'université de la Manouba, encore pour défendre le port du nikab, l'objectif vise à marquer l'opinion publique nationale, mais surtout au-delà des frontières.

De manière moins visible, mais peut-être beaucoup plus profonde, ils profitent des carences de l'Etat pour s'attaquer à ce qui leur semble contraire à l'islam au travers d'actions très ciblées. Ainsi, après 22 heures, les taxis se font rares dans les grandes villes car les chauffeurs qui se risquent à exercer leur métier passé cet horaire, y compris en pleine saison touristique, peuvent se voir confisquer leur véhicule au détour d'un barrage salafiste.

La société tunisienne est entrée dans une période de romantisme post-révolutionnaire qui se traduit par une soif d'islam concrétisée par la victoire d'Enhada lors de l'élection de l'Assemblée nationale constituante (ANC). L'effet est dévastateur sur le tourisme. Les chiffres officiels sont difficilement vérifiables, mais il suffit de se promener dans les médinas pour constater qu'elles sont, en ce mois de juillet, extrêmement calmes. Les terrasses des cafés des hôtels côtiers sont désertes. Mais les Occidentaux ne sont pas les seuls à fuir cette destination. N'étant plus sécurisées, les routes, notamment celles en direction de la frontière algérienne, sont le théâtre de multiples braquages qui font chuter le tourisme en provenance d'Algérie. Aucun signe n'annonce la reprise ou l'apaisement dans ce secteur, au contraire, la tension est extrême. En effet, les déclarations d'Abu Yaârab Marzouki, un conseiller auprès de la présidence de la République, qui considère "le tourisme comme étant une forme de prostitution" augurent d'une sombre saison (Le Temps, 19 juillet 2012).

 

TF1" Sejnanistan, un émirat qui ne dépend plus de la Tunisie

 


 

Interrogé sur la chaîne de télévision d'information France 24, le président Marzouki s'est dit centriste, affirmant que tous les partis tunisiens, y compris islamistes, se réclamaient aujourd'hui du Centre. De tels propos, tout comme les messages d'apaisement régulièrement lancés par Rached Ghannouchi, masquent un échiquier politique qui reste toujours écartelé entre les deux extrêmes de l'islamisme et du nationalisme. Il est le reflet du vide idéologique laissé par 23 années de pouvoir bénaliste. La société tunisienne, à l'image du monde arabe, reste tournée sur elle-même et rejette globalement la différence. Ses minorités chrétienne et juive ont quasiment disparu. Symbole plus grave de cette exclusion, les versions arabes de Mein Kampf ou du Discours des Sages des protocoles de Sion sont en vente libre dans les libraires.

Alors que la Tunisie de Ben Ali avait statufié sans les faire progresser les acquis bourguibistes, celle de la troïka menée par Moncef Marzouki et Rached Ghannouchi, marque une volonté de retour en arrière. La déclaration finale du congrès d'Enhada qui vient de s'achever en est l'illustration, avec pour objectif, sur le plan interne, d'engager une réforme globale de l'enseignement centré sur celui de la Zeitouna. Sur le plan externe, Enhada ressort deux vieilles lunes : l'unité arabe et musulmane d'une part ; la criminalisation de "la normalisation avec l'entité sioniste" d'autre part. Ces événements ne semblent guère choquer le président Marzouki. Les travaux de l'ANC semblent s'orienter vers l'instauration d'un régime parlementaire. Au-delà de ce paravent constitutionnel, il faudra scruter à la loupe la réalité de la séparation des pouvoirs et la loi électorale – découpage électoral et mode de scrutin – pour connaître les véritables intentions démocratiques des islamistes et de leurs alliés de troïka.

Nous saurons alors si la Tunisie est bien tombée dans l'escarcelle de la démocratie.

Nicolas Clinchamps, maître de conférences de droit public Université de Paris 13 – Nord – Sorbonne Paris Cité lemonde

 
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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 17:08

 

Mohamed Merah: Les" amitiés" et Les "loupés" des services de renseignement, la menace islamiste sur la france...

 

 


La diffusion d'extraits de la conversation entre Mohamed Merah et les policiers du Raid, dimanche sur "TF1", suscite entre autres l'indignation des proches des victimes. Dans ces extraits enregistrés par la police, l'auteur des tueries de Toulouse et Montauban assure notamment être en lien avec Al-Qaïda et le grand banditisme, et se vante d'avoir trompé la vigilance de la DCRI.

Après les extraits diffusés dans l'émission "Sept à Huit", "Le Monde", qui a eu connaissance des retranscriptions de l'enregistrement de la conversation, en publie lundi 9 juillet d'autres extraits.

- Abdelkader et Mohamed Merah, "comme Tom et Jerry"

Le policier du renseignement, que Mohamed Merah connaît pour l'avoir rencontré le 14 novembre 2011 à Toulouse, l'interroge sur l'éventuelle implication de son frère Abdelkader, mis en examen pour complicité d'assassinats, vol en réunion et association de malfaiteurs en vue de la préparation d'acte de terrorisme et écroué. Il est soupçonné par les enquêteurs d'être le cerveau des tueries :
Tu sais très bien que moi et lui, c'est comme Tom et Jerry, on est chat et chien (...) tout le temps, on s'embrouille. Quand on se réconcilie, ça dure pas longtemps. (...) Mon objectif était d'attaquer en solitaire (...) afin d'être entièrement autonome."

- Les "loupés" des services de renseignement

Mohamed Merah se vante d'avoir trompé la vigilance des services de renseignement malgré les arrestations dont il affirme avoir fait l'objet à l'étranger :
Je me suis fait arrêter par les juifs en Israël, par les militaires irakiens à Mossoul, par les soldats algériens dans les montagnes de Boumerdès [à 45km à l'Est d'Alger] ou des montagnes collées à la région de la Kabylie où il y a tous les frères qui opèrent. Je me suis fait arrêter en Afghanistan."

Il nargue les enquêteurs :
Vous vous êtes complètement loupés, parce que j'ai pu faire trois attaques, tuer plus de sept personnes et en blesser plusieurs."

Il assure aussi avoir été convaincu "à 200%" d'être repéré, d'autant plus, dit-il, qu'il avait contacté sa mère par mail depuis le Waziristan :
Si vous auriez été un peu plus malins, vous auriez appelé des cyber-policiers. (...) C'est pour ça, j'ai vite trouvé des armes et vite attaqué."

- Scooter, argent, vidéo : la préparation des tueries

Mohamed Merah explique avoir commencé à préparer ses actes à son retour du Pakistan. Il se procure un gilet pare-balles, et revient sur le vol du scooter (le 6 mars), qu'il a utilisé pour perpétrer ses tueries :
En roulant comme ça en voiture, j'ai vu le scooter avec les clés dessus. Je l'ai pris. Et ça, c'est un signe d'Allah. (...) J'ai commencé à récupérer mes armes qui étaient un peu à droite à gauche".

Comme on peut l'entendre dans les enregistrements diffusés dimanche, Mohamed Merah assure aussi être chauffeur pour le grand banditisme. Une activité qui lui aurait permis de gagner "un peu plus de 10.000 euros d'un coup".

L'auteur des tueries évoque aussi l'insoutenable vidéo de ses actes :
Elle va être mise sur le net (...) Elle sera prise par les moudjahidines. Elle sera prise par certaines chaînes télé (...) Je sais que quand elle va être vue inch'allah ça va mettre l'effroi (...) dans vos cœurs et ça va motiver d'autres frères."

Mohamed Merah, qui a revendiqué les tueries de Toulouse et Montauban lors desquelles sept personnes ont été froidement abattues, a été tué par les policiers du Raid jeudi 22 mars peu avant midi.

Après la diffusion de ces extraits, la "police des polices" a été chargée de mener une enquête administrative. Le parquet de Paris a également ouvert une enquête préliminaire pour violation du secret de l'instruction. Les proches des victimes souhaitent quant à eux saisir la justice pour en interdire la diffusion. Après avoir choisi de les diffuser le dimanche 8 juillet, TF1 a fait volte face et décidé de les supprimer de son site le lundi 9 juillet.

 

LIKMA38

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 01:39

 

YASE-ARAFAT.jpg

Yasser Arafat, décédé en 2004, aurait été empoisonné au polonium, une substance radioactive, selon les conclusions d’analyses effectuées dans un laboratoire en Suisse et citées dans un documentaire diffusé mardi Al-Jazeera.Ces analyses ont porté sur des échantillons biologiques

prélevés dans les effets personnels du dirigeant palestinien, remis à la veuve du défunt, Souha, par l’hôpital militaire de Percy, au sud de Paris, où Arafat était mort, selon François Bochud, directeur de l’Institute for Radiation Physics de Lausanne.

« La conclusion, c’est que nous avons trouvé (un niveau) significatif de polonium dans ces échantillons », a-t-il ajouté dans le documentaire, réalisé après neuf mois d’enquête selon Al-Jazeera. Les échantillons sont constitués de cheveux, brosses à dents, traces d’urine relevées sur des sous-vêtements, et une tâche de sang sur un bonnet médical.

Sa mort est une énigme

Le polonium, dit François Bochud, n’est accessible selon lui qu’à « des gens qui s’intéressent ou construisent des armes nucléaires ». C’est avec cette substance qu’aurait été empoisonné l’ex-espion russe Alexandre Livtenko, mort en 2006 à Londres.

Yasser Arafat, tombé malade dans son quartier général à Ramallah, en Cisjordanie, assiégé par l’armée israélienne, est décédé le 11 novembre 2004 à Percy. Sa mort est restée une énigme, les quelque 50 médecins qui se sont relayés à son chevet n’ayant pas précisé la raison exacte de la détérioration rapide de son état. Des Palestiniens ont accusé Israël de l’avoir empoisonné. Mais l’enquête d’Al-Jazeera ne conclut pas à une telle accusation.

« Si nous mettons ensemble toutes les informations dont nous disposons - résultats des analyses de laboratoire, caractéristiques cliniques, circonstances de la mort de Arafat-, il est difficile de tirer une conclusion », a déclaré un autre médecin, le professeur Patrice Mangin.

Le Pr Mangin, directeur du Centre universitaire de médecine légale de Lausanne, se montre prudent, estimant qu’il « serait bien sûr obligatoire d’aller plus loin et de faire une enquête plus approfondie si cela est possible ».

Exhumation

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ygal Palmor a ironisé sur le documentaire d’Al-Jazeera, estimant que « Si le ridicule tuait, alors ce reportage serait le premier coupable ». Pour confirmer la mort par polonium, il faut exhumer les restes de Yasser Arafat et les analyser, a estimé M. Bochud à l’adresse de Souha Arafat.

La veuve de l’ex-président palestinien indique qu’elle va demander à l’Autorité palestinienne d’exhumer le corps du défunt, qui se trouve à Ramallah, en Cisjordanie, pour faire toute la lumière sur sa mort.

 

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 12:49

D'après le New York Times, la CIA a des agents basés depuis quelques semaines dans le sud de la Turquie qui apporteraient un soutien logistique aux insurgés combattant le régime de Bachar el-Assad.

 

syrie.jpg

 

Les États-Unis n'interviennent pas directement en Syrie, mais cela n'empêche pas la CIA de prendre ses marques aux frontières. Selon le New York Times , des agents de renseignement américains opèrent discrètement depuis quelques semaines dans le sud de la Turquie, où ils aident à acheminer des armes à l'opposition syrienne, de l'autre côté de la frontière.

Si pour Barack Obama il est hors de question, du moins avant les élections présidentielles, d'intervenir militairement ou même d'envoyer des armes à la rébellion, la politique américaine ne se limite donc pas aux efforts diplomatiques et humanitaires.

La semaine dernière déjà, le Wall Street Journal rapportait que la CIA et le département d'État américain travaillaient de concert avec les alliés du Golfe pour aider l'armée syrienne libre à développer des routes logistiques et faire passer du matériel en Syrie.

Financées par la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar, les armes transitent par un réseau complexe d'intermédiaires, parmi lesquels les Frères musulmans syriens, affirme le New York Times, qui cite des responsables américains et des membres de services arabes de renseignement. Même si l'Armée syrienne libre se plaignait récemment d'être sous-équipée face à l'armée régulière de Bachar el-Assad, il semblerait que la quantité d'équipements livrée aux insurgés ait considérablement augmenté depuis le mois de mars. Le Conseil national syrien évoque notamment la livraison récente par les Turcs d'armes antichar. Ce que la Turquie dément formellement.

Images satellites

Les États-Unis envisageraient par ailleurs d'accroître l'assistance aux rebelles en leur fournissant par exemple des images satellites qui permettraient de connaître les positions et mouvements des troupes du régime.

Mais pour les Américains, il ne s'agit pas seulement de soutenir les insurgés dans leur combat contre Bachar el-Assad. Il est tout autant question de rassembler des informations sur les diverses composantes de l'opposition syrienne et de veiller à ce que fusils automatiques, lance-grenades et munitions atterrissent entre les «bonnes mains». De fait, l'insurrection est très fragmentée. Al-Qaida, qui est notamment responsable du double attentat à Damas ayant fait 55 morts en mai, a accru ses derniers mois sa présence au sein de l'opposition. Certes, les États-Unis aimeraient voir disparaître le régime de Bachar el-Assad. Mais, instruits par les échecs du passé, en Afghanistan notamment où ils avaient armé les talibans, ils ont opté pour la vigilance

 

le New York Times Le figaro.

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 19:16
Nous dirigeons-nous actuellement vers une nouvelle crise
du secteur bancaire ?

 

crise-degradation-positive-de-la-note-des-banques-francaise.jpgPour moi cela ne fait aucun doute nous allons y avoir droit dans les semaines/mois qui viennent.
Je me suis trompé.
Avec mes vieux réflexes d'avant crise (avant Juin 2007), je prenais comme indicateur de bonne santé du refinancement des banques l'Euribor. Pour rappel, l'Euribor est un taux auquel les banques sont censées empruntées entre elles (taux interbancaire qu'on appelle ça).

 
 

 Seulement la méthodologie de l'Euribor est assez singulière, ce n'est pas un taux mesuré par des échanges mais un taux annoncé par un collège de trésoriers de banques chaque matin à 11h (Paris Time).

Si l'on veut un taux de marché, c'est à dire le prix auquel réellement les banques s'échangent de l'argent, il vaut mieux prendre le taux Swap. Normalement les deux taux devraient être très proches et parfaitement corrélés, ce n'est plus le cas.

Je vous ai illustré ci-dessous l'Euribor 3 mois contre l'Eonia Swap 3 mois (dans la partie supérieure) et j'ai rajouté par gourmandise l'écart en les deux (dans la partie inférieure), vous pouvez cliquer sur le graphe pour l'agrandir.


On se rend bien compte qu'en 2008 (première crise bancaire et faillite de Lehman) le collège de banquier a bien dû être embêté lorsqu'il fallut annoncer des taux qui s'envolaient signifiant simplement que les banques ne se prêtaient plus d'argent. C'est à ce moment précis que l'Euribor a perdu toute sa crédibilité d'indicateur fiable, le 28 août 2008 (RIP).

Une nouvelle ère, celui des prêts "secured"
Depuis les banques ne se font plus confiances pour se prêter de l'argent sans "caution" en anglais on dit "unsecured". Pour retrouver un nouvel indicateur fiable il faut donc se tourner vers des taux pratiqués entre banques pour des prêts "secured" c'est à dire nantis par un actif. Cela s'appelle le REPO.

Il existe le taux REPO 1 jour, 1 semaine, 1, 3, 6, 9 mois et 1 an. Selon toute logique emprunter à 1 an doit coûter plus cher qu'emprunter à 1 semaine. La courbe doit donc être croissante. Si ce  n'est pas le cas c'est un gros problème car cela veut dire que les banques ne se faisant plus confiance pour se prêter de l'argent à 1 an vont uniquement se prêter de l'argent à court terme (<3 mois) et donc faire monter les taux courts.

C'est exactement ce qui est en train d'arriver.

Voici la courbe des taux REPO Euro le 1er janvier 2012 (le lendemain du LTRO qui a abreuvé de cash le système bancaire européen).

Une bien jolie courbe bien croissante (oubliez le 1er point qui est le 1 jour et qui n'est pas significatif).

Voici à présent la même courbe il y a de cela 1 mois (les LTRO commencent à être assez loin, le système a à nouveau besoin de cash tel un junky sa dose).


Tient, elle est étrange cette courbe, bien pentue pour des emprunts >2 mois mais en dessous...c'est à l'envers. Mazette ne me dites pas que... (c'est le drame).

Mais à quoi ressemble cette fameuse courbe ce matin ?


C'est pas glorieux, c'est même trés inquiétant. La courbe est complètement inversée. Rangez veaux, vaches, cochons, enfants et femmes ça va tanguer, les banques n'arrivent plus à emprunter.

Rendons la chose plus dynamique regardons l'écart de taux entre un emprunt 1 an et un emprunt 1 semaine depuis...ben depuis la première injection de LTRO par exemple !


Ce n'est pas assez lisible, regardons la différence entre les deux...et là tout s'éclaire !


Les banques sont des droguées en recherche de leur injection de cash. Elles en ont déjà eut 2, la première de 486 milliard d'€, la seconde de 529 milliards d'€. La première a fait sentir ses effets positifs durant 1 mois seulement, la seconde durant 2 mois et demi. Nous sommes revenus à l'état de manque de mi-décembre, un manque aiguë.

Il va probablement se passer quelque chose car la situation est difficilement tenable.
margincall
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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 15:59

Al Qaîda au Maghreb qui a ouvert des camps d'entraînement au sud de la Tunisie et en Libye va-t- elle exploiter ses nouvelles recrues tunisiennes et libyennes pour redynamiser une action subversive de grande ampleur?


Ayman Al Zawahiri veut créer un climat de tension aux portes de l'Occident. Il se trouve que l'Algérie est le raccourci idéal pour faire aboutir ses visées.

 

tunisie secret ennahdaPlus que quelques semaines nous séparent du mois de Ramadhan. Dans la logique du terrorisme islamiste, ce mois sacré a toujours constitué une période propice à une recrudescence des attentats et au Djihad. Pour cette année, et selon des renseignements opérationnels de bonne source, les groupes terroristes seraient entrés en pleine phase active afin de desserrer l'étau installé par les forces de sécurité, en projetant de réinvestir le milieu urbain.
Ce genre de redéploiement, qui constitue un défi tout à fait attendu par les services de sécurité, a lieu dans un environnement social et politique fermé, ambigu et marqué par l'exacerbation des tensions et des conflits à tous les niveaux. Al Qaîda au Maghreb songe- t- elle à une nouvelle stratégie de conquête? Les mouvements terroristes enregistrés dans les wilayas du Centre-Est limitrophes de la capitale, notamment en Kabylie, traduisent-ils cette volonté d'Al Qaîda à faire couler encore le sang des innocents? Sans l'ombre d'un doute, c'est le début d'un changement de stratégie opéré par des émirs qui refusent de reconnaître, l'échec de leur projet terroriste.
Le Gspc, branche d'Al Qaîda au Maghreb islamique, qui active sous la coupe de Abdelmalek Droukdel alias Abou Mossaâb Abdel Wadoud serait sommé par les cercles qui le contrôlent de passer à l'acte sur une grande échelle. L'attaque qui a ciblé récemment un poste de la Bmpj, dans la daïra des Ouacifs à Tizi Ouzou, par cinquante terroristes, ne constitue guère un fait banal à inscrire dans le domaine des répliques périphériques d'un terrorisme agonisant. Les fait sont graves et même très graves, à prendre très au sérieux en ce sens qu'ils traduisent bel et bien une nouvelle attitude des groupes terroristes. Aussi, les services de sécurité sont dans l'obligation d'interpréter cette action selon les données régionales qui entourent l'Algérie, notamment avec la circulations des armes venues des stocks de l'armée régulière libyenne. Il est légitime de s'interroger et d'attirer l'attention sur ces faits sécuritaires.
Que pourraient nous réserver ces terroristes d'Al Qaîda à quelques jours de ce mois sacré? Comment expliquer, même par une analyse simpliste, l'attaque de Tizi Ouzou par 50 terroristes? Des questions aussi bien légitimes que conjoncturelles quand on sait que la matrice idéologique du terrorisme, nourrie par des révoltes interminables, une instabilité politico-sociale et une plus grande insécurité aux frontières, place l'Algérie dans un contexte d'expectative extrême et d'alerte maximale pour faire face à la grande menace.
Al Qaîda au Maghreb islamique qui a ouvert des camps d'entraînement au sud de la Tunisie et en Libye va-t- elle exploiter ses nouvelles recrues tunisiennes et libyennes pour redynamiser une action subversive de grande ampleur? Preuve en est: trois voitures chargées d'armes circulant dans l'extrême sud de la Tunisie ont été détruites par l'armée tunisienne dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté l'agence TAP. Le ministère de la Défense ne fournissait pas d'informations dans l'immédiat. Selon l'agence TAP, les trois voitures circulaient dans la zone de Satah al-Hassan, à 100 km au nord de la «zone des trois frontières» entre la Libye, la Tunisie et l'Algérie. Les occupants des voitures ont ouvert le feu en direction d'un appareil qui survolait la zone, et celui-ci a répliqué, détruisant les trois véhicules, selon la TAP. D'après des sites tunisiens, les voitures étaient bourrées d'armes en provenance de Libye et transitaient par la Tunisie pour rejoindre l'Algérie.
Le trafic d'armes en provenance de Libye a explosé depuis le conflit ayant fait chuter le colonel El Gueddafi en août 2011, et le Sud désertique tunisien entre la Libye et l'Algérie constitue un territoire immense et incontrôlable. En septembre 2011, un accrochage meurtrier (entre un et six morts selon les sources) avait opposé l'armée tunisienne et un groupe armé dans le sud du pays, à la frontière avec l'Algérie. Il y a quelques mois, le commandant en chef des forces américaines pour l'Afrique (Africom), le général Carter F. Ham, en visite à Tunis, avait mis en garde contre la menace de groupes terroristes, particulièrement Al Qaîda au Maghreb islamique (Aqmi) et l'accroissement de la contrebande d'armes en Afrique. Etant le pivot de la lutte contre le terrorisme dans cette région, l'Algérie ne dort pas sur ses lauriers. La mobilisation armée sur le terrain est tout à fait conforme et proportionnée aux défis sécuritaires qui s'annoncent. Pas moins de douze opérations de ratissage d'envergure sont actuellement menées par les forces sécuritaires combinées. Ces opérations se sont soldées par l'élimination d'une vingtaine de terroristes.
Le chef d'Al Qaîda, Ayman Al Zawahiri, incite à plus de révolte pour créer un climat de tension aux portes de l'Occident.
Il se trouve que l'Algérie serait le raccourci idéal pour faire aboutir ses visées. Une compromission entre ses «spire-adeptes» en Libye et Tunisie avec les poches terroristes en Algérie peut-elle offrir aux terroristes résiduels le moyen de frapper l'Europe? Dans ce cas, allons- nous assister à des attentats spectaculaires? Tout indique qu'Al Qaîda au Maghreb profite de l'avantage des crises en vigueur aux alentours pour semer plus de troubles. Les renseignements en possession des services de sécurité font état d'adhésion à la nébuleuse de dizaines de nouvelles recrues.
C'est dire que le défi sécuritaire dans sa nature transnationale, appelle à une réponse internationale. La chute du régime syrien, pour laquelle des cercles influents sont en train de se mobiliser davantage, sera exploitée par les marchands d'armes afin d'élargir leurs activités. Les tentatives multiples d'infiltration de groupes terroristes en provenance de la Libye pour acheminer des armes en Algérie n'en sont que la partie visible de l'iceberg terroriste.

lexpression

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 16:46

Choukri_Ghanem.jpg

 

D’inquiétantes zones d’ombre entourent les circonstances du décès, en Autriche, de l’ancien ministre du pétrole de Mouammar Kadhafi. Le corps de Choukri Ghanem, 69 ans, a été découvert dimanche matin à Vienne, flottant dans les eaux du Danube. C’est un passant qui a fait la découverte macabre . Choukri Ghanem avait été également le premier ministre libyen de 2003 à 2006, prédécesseur de Baghdadi Ali al-Mahmoudi, l'ancien premier ministre qui vient de confirmer la note de décembre 2006 publiée par Mediapart et faisant état de la décision du régime Kadhafi de financer la campagne électorale de Nicolas Sarkozy à hauteur de 50 millions d'euros.

Ce décès suspect d’un des hommes forts du régime Kadhafi survient alors que plusieurs enquêtes sensibles visent les ventes d’armes et de pétrole entre l’Europe et la Libye, et au lendemain des révélations de médiapart.

  L’affaire est très étrange. Première curiosité, un ami de la famille, Amer al-Bayati, a d’abord déclaré que Choukri Ghanem était mort d'une crise cardiaque à son domicile. La première dépêche d’agence est tombée le dimanche à 17 h 55. Moins d'une heure plus tard, la police démentait cette information : elle affirmait que le corps avait été retrouvé dans le Danube.

Par ailleurs, Choukri Ghanem avait l'impression d'être suivi ces derniers temps, et l’avait confié à son entourage. D’autre part, cet homme ne savait pas nager, et il était de surcroît handicapé d'un bras.

A Vienne, plusieurs de ses amis doutent qu'il se soit promené seul au bord du Danube un dimanche matin à l'aube, pour flâner. Ils le décrivent plutôt en noctambule qui se levait tard. Surtout, ils ne croient ni à la thèse de l'accident, ni à celle du suicide et soupçonnent un meurtre. La police, qui a ouvert une enquête sur les causes de la mort, n'exclut pas un assassinat.

Dans les milieux du renseignement, on souligne que Choukri Ghanem « savait beaucoup de choses » sur les relations entre l’Europe et la Libye, actuellement au cœur de plusieurs enquêtes sensibles. Selon la police autrichienne, Choukri Ghanem était en contact avec un journaliste étranger. Ce journaliste l’aurait appelé depuis la Libye, peu de temps avant sa mort. La police refuse toutefois de considérer qu’il s’agit là d’une « piste privilégiée ». Selon le journal autrichien Kurier, un banquier interrogé à Tripoli, Abdel Hamid al-Jadi, a expliqué que Ghanem s'occupait des affaires libyennes avec l'Europe, des « intrigues louches ». « Il avait beaucoup de partenaires qui l'aidaient, des gouvernements aussi ; peut-être qu'ils voulaient la lui boucler », ajoute ce banquier cité par Kurier.

Le corps de l’ancien ministre du pétrole de Kadhafi a été retrouvé à Copa Cagnana, l'endroit où les jeunes font la fête à Vienne le samedi soir. Selon les premiers résultats de l’autopsie, le corps – qui ne comportait aucune trace de violence – n’aurait séjourné que quelques heures dans l’eau. Or, il serait étonnant qu'il soit tombé dans le Danube, à cet endroit-là, avant 3 heures du matin, sans que personne s'en rende compte : les lieux sont bondés tous les samedis soir, et particulièrement ce samedi, où il faisait, pour la première fois depuis longtemps, un temps magnifique.

Autre bizarrerie : la police a repoussé la publication des résultats des analyses toxicologiques du défunt à la semaine prochaine. Or, il faut habituellement entre 24 et 48 heures pour les effectuer, et la famille de Choukri Ghanem avait émis le souhait de rapatrier le corps dès jeudi en Libye.

 

En arrière-plan : les milliards du pétrole

Selon le journal conservateur autrichien Die Presse, Tripoli avait émis un mandat d'arrêt contre Choukri Ghanem dans les jours qui ont précédé sa mort. La police autrichienne précise, pour sa part, que sa femme et une de ses trois filles ont quitté Vienne un jour après l'annonce de la mort, direction Tripoli. Il s'agirait d'un voyage prévu de longue date.

Sa seconde fille est encore à Vienne, elle est interrogée par la police. Ghanem a également un fils, que la police autrichienne dit ne pas avoir interrogé pour l'instant. Ses filles ont la nationalité autrichienne, et il vivait avec l'une d'entre elles dans le même appartement depuis un an. Lui-même possédait un passeport italien. Abritant le siège de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), Vienne est une ville que fréquentent beaucoup les dignitaires des États pétroliers.

Un proche de Choukri Ghanem, qui s’était lui aussi réfugié à Vienne, Moustafa Zarti, ancien homme-lige de Saïf al-Islam, le fils aîné de Mouammar Kadhafi, est pour sa part injoignable depuis dimanche. En fait, l'Autriche protégeait Ghanem. Elle lui a permis de rester sur le territoire dans le plus grand secret et lui a même fourni, selon une source policière, une protection rapprochée pendant les premiers mois de son séjour. Son adresse officielle était enregistrée à Vienne. Au moment de sa mort, cette protection venait – curieusement – de cesser.

Rares étaient ceux qui connaissaient sa présence en Autriche et aujourd'hui, il semble étonnant que l'Autriche n'ait pas fait plus de zèle pour demander que le nom de Choukri Ghanem soit placé sur la liste des sanctions économiques de l'UE (alors qu’il a figuré un temps sur celle des États-Unis). Selon un ancien chef des renseignements autrichiens, le pays s'est fait une spécialité de tout savoir sur « qui fait quoi » dans la sphère Europe-CEI-Monde arabe et Iran, et sait s’en servir.

Très rapidement, dès la nouvelle de son décès, l'Autriche a attiré l'attention des médias vers Tripoli. Un diplomate en poste dans la capitale libyenne a expliqué à un journal que Choukri Ghanem avait « beaucoup d'ennemis » en Libye : ni les nouvelles autorités ni ses anciens amis ne le portent dans leur cœur, et il aurait en outre transféré des milliards d'euros vers Vienne avant de faire défection…

Économiste et expert pétrolier formé à Boston et Londres, Choukri Ghanem avait émergé, au milieu des années 1990, comme l’une des voix prônant la libéralisation économique de la Libye, rapportait en 2008 l'hebdomadaire Jeune Afrique. Selon Saïd Haddad, chercheur au CNRS, sa nomination au poste de premier ministre en 2003, « s’interprète comme un signal adressé aux États-Unis, à l’Union européenne et aux institutions internationales telles que le Fonds monétaire international (FMI) ou l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ».

Un temps administrateur de l'Opep, c'est précisément dans la capitale autrichienne qu'il a rencontré Saïf al-Islam à la fin des années 1990, quand ce dernier y étudiait. Celui-ci l'avait alors présenté à son père. Une fois ministre, Ghanem aurait laissé Saïf se servir dans l'argent du pétrole, sans que Mouammar Kadhafi soit, semble-t-il, au courant.

Réfugié à Vienne depuis mai 2011, Choukri Ghanem était consultant, il avait monté une société de conseil en export de pétrole avec Issam Chalabi, l'ancien ministre irakien de l'industrie. Selon RFI, Ghanem était également « à la tête de plusieurs compagnies opaques, à son nom ». Il venait de fonder, en avril, une société au capital de seulement 35.000 euros dans une rue chic du centre-ville, la Petrofin GmbH. L'ex-ministre du pétrole libyen connaissait bien la capitale autrichienne pour y avoir résidé à maintes reprises à l'occasion des réunions de l'Opep. Il résidait dans un quartier situé près du siège de l'Organisation des Nations Unies (ONU) à Vienne, sur les bords du Danube, non loin du lieu de sa noyade.

C'est là qu'il avait finalement atterri au printemps 2011, quatre mois après le début de la révolte libyenne. Quelques semaines après la défection de l’ex-chef de la diplomatie Moussa Koussa, aujourd’hui au cœur des révélations de Mediapart, l’homme avait à son tour rompu brusquement avec le régime Kadhafi. Le 17 mai, une source proche du gouvernement tunisien avait indiqué à l’AFP qu'il se trouvait en Tunisie, « dans un hôtel à Djerba et(qu’)il n’(avait) pas essayé de contacter les autorités tunisiennes ».

 

Un symbole de la corruption à grande échelle

Début juin, peu après avoir fait défection, l’ex-ministre libyen avait transité par Rome car « il faut bien s'arrêter quelque part ». Là-bas, il avait expliqué à la presse avoir « quitté son pays (...)pour embrasser la cause des jeunes Libyens de combattre pour un État démocratique »« J'ai travaillé en Libye pendant de nombreuses années, en pensant pouvoir faire des réformes de l'intérieur. Mais ce n'est pas possible, surtout maintenant que le sang a été versé », avait-il alors déclaré.

Des propos qui n’avaient guère convaincu les Tripolitains qui, selon RFI« le considèrent comme un symbole de la corruption à grande échelle, car il était notamment l'homme lige de Saïf al-Islam, le fils aîné du colonel Kadhafi ». « Il n'a rien fait pour aider la révolution. Il est parti du pays avec l'argent qu'il avait volé. J'aurais aimé qu'il paye sa dette avant de subir une mort aussi horrible », a ainsi affirmé un homme interrogé par la radio française.

Chef du gouvernement libyen de 2003 à 2006, Choukri Ghanem a fait partie du cercle le plus proche des Kadhafi durant plusieurs années. En 2006, il est nommé ministre du pétrole, ainsi que président de la National Oil Corporation (NOC), la société d'État pétrolière qu’il dirige jusqu’en 2011. Évincé en août 2009 de la NOC, il est réintégré quelques semaines plus tard, sans autre explication.

 

Mais Ghanem fut surtout l’un des acteurs clés de la diplomatie menée pour réconcilierRTXMKHS.jpg le régime libyen avec l’Europe, et en particulier avec la France. À partir de 2003, il engage « une politique de libéralisation de l'économie et la privatisation partielle du secteur public », comme l’explique un rapport de l’Assemblée nationale, signé par le député UMP Jacques Remiller et enregistré en juillet 2005 « au nom de la commission des affaires étrangères sur le projet de loi, adopté par le Sénat, autorisant l'approbation de l'accord entre le gouvernement de la République française et la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste sur l'encouragement et la protection réciproques des investissements ».

Dans son rapport, M. Remiller évoque un « programme de réformes ambitieux », participant à la volonté d’ouvrir la voie « à une nouvelle phase dans les relations franco-libyennes ». En 2004, plusieurs accords (portant sur les domaines de la culture, des sciences ou encore du tourisme) sont ainsi signés entre les deux pays. En mars de la même année, François Loos, alors ministre délégué au commerce extérieur, se rend en Libye accompagné de plus de soixante-dix chefs d'entreprises françaises.

Si l’on en croit le rapport du député UMP, cette visite avait« permis de manifester le soutien de la France aux réformes politiques et économiques menées par le premier ministre libyen, M. Ghanem ». Quelques semaines plus tard, ce dernier effectuait à son tour une visite officielle en France, « la première dans un pays occidental », précise encore le rapport parlementaire, pour signer les différents accords franco-libyens.

Le quotidien autrichien Kurier, qui consacrait le 3 mai sa une à la mort de Choukri Ghanem, évoque d'ailleurs les liens qu'entretenait l'ex-premier ministre libyen avec des « partenaires »européens. Aujourd'hui, les autorités libyennes et américaines enquêtent sur les liens entre le régime Kadhafi et plusieurs compagnies pétrolières occidentales, dont Total.

Mediapart

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 14:04

 

j’ai écouté l' ultime communication téléphonique entre Ben Ali et Mezri Haddad, mais j’en ai enregistré une partie. Je suis donc le seul à détenir ce document sonore historique, qui est d’une importance capitale

 

SKANDER.jpgPour ceux qui ne le connaissent pas, qui est d’abord Skander Khélil ? C’est peut-être l’un des franco-tunisiens qui a le mieux réussi en France. Chef d’entreprise prospère, de formation polyvalente, les activités de M Khélil sont multiples, diverses, et surtout transparentes. Il a été présenté pour la première fois au grand public tunisien par feu Néjib Khattab en 1994 alors qu’il n’avait que 28 ans, en tant que pionnier dans diverses produits culturels et surtout pour avoir été le précurseur des guignols (El KALABES) à la télévision tunisienne ainsi que le créateur du Karaoké en France. Auparavant, il a été partenaire des Guignols sur Canal Plus. Malgré leur succès, les Kalabes n’ont pas eu une longue vie en Tunisie. Et pour cause : Skander Khélil a été le premier à ridiculiser le sacré en « guignolisant » Ben Ali. S’intéressant principalement au domaine de la culture, il a continué à militer discrètement pour la liberté d’expression en Tunisie. Il ne parle pas beaucoup, mais lorsqu’il s’exprime, il dérange énormément. C’est le cas dans ce témoignage qu’il a voulu rendre à son « compagnon de route et de doute », M. Mezri Haddad. Autre titre de gloire à mettre au crédit de M. Skander Khélil, cet intellectuel dont le raffinement a des limites : il a été l’un des rares à « casser la gueule » à Belhassen Trabelsi, à une époque pas si tardive où les tunisiens n’osaient même pas porter un regard sur ce genre redoutable et redouté. L’événement s’est produit dans un restaurant près de Carthage, devant une vingtaine de témoins. Skander Khélil est connu dans les milieux médiatiques, artistiques et culturels tunisiens par son audace, sa crédibilité et son honnêteté. C’est pour cette raison que son témoignage sur M.Mezri Haddad prend une dimension toute particulière

 

 

 

Skander Khélil : Je suis bien placé pour en parler. Je connais, en effet, Mezri Haddad depuis des années. Je l’ai connu opposant au régime de Ben Ali et exilé politique en France, puis rallié à lui. Je connais parfaitement bien ses convictions politiques, ses qualités, ses défauts, ses écrits publics et ses secrets les mieux gardés. Je suis surtout le seul témoin oculaire, la personne qui a vécu avec lui et auprès de lui, heure par heure, ces deux dernières semaines d’un régime agonisant.

C’est à moi qu’il a fait allusion lorsqu’il écrivait dans son livre « La face cachée de la révolution tunisienne, » à la page 176 : « C’est dans la nuit du 13 janvier 2011 que j’ai rédigé cette lettre de démission, et c’est le le

ndemain à 7h20 que je l’ai envoyée par téléfax, de mon bureau à l’UNESCO, au président Ben Ali. Mon ami S.K. –qui est libre de révéler son identité ou de se taire- était présent…S.K. a écouté toute cette conversation entre Ben Ali et moi. » S.K. c’est bien moi, Skander Khélil, et non seulement, j’ai écouté cette ultime communication téléphonique entre Ben Ali et Mezri Haddad, mais j’en ai enregistré une partie. Je suis donc le seul à détenir ce document sonore historique, qui est d’une importance capitale, pas seulement parce qu’il prouve le courage et le patriotisme de Mezri Haddad, mais surtout parce qu’il indique clairement ce que Ben Ali comptait faire dès cette fameuse journée du 14 janvier 2011 ! 

 

Pourquoi j’ai décidé aujourd’hui de sortir de mon silence pour apporter un témoignage plus moral que politique ? Parce que depuis un an et demi, j’ai entendu sur lui les pires calomnies, lu les plus ignobles injures, et je me suis interrogé : comment peut-on être aussi méchant, aussi cruel et aussi injuste à l’égard d’un homme que ses détracteurs connaissent à peine ?

Comment peut-on aligner autant de mensonges sur un homme que ses calomniateurs prémédités ou involontaires n’ont découvert que dans la semaine du 7 au 14 janvier 2011, plus exactement le 13 janvier, dans l’interview qu’il a accordé à Jean-Jacques Bourdin sur BFM-TV et où il a qualifié certains manifestants de « hordes fanatisées » ?

Je dis bien certains manifestants, et non pas « le peuple tunisien », comme on a voulu le faire croire pour se débarrasser d’un adversaire politique dont la démission risquait d’en faire un héro aux yeux des tunisiens. Dois-je rappeler que Mezri Haddad a été en effet le seul haut responsable à démissionner de son poste avant la chute de Ben Ali ?

Et quand bien même l’aurait-il fait cinq minutes avant le départ de Ben Ali, un tel acte reste unique et d’un grand courage, d’autant plus que nul ne pouvait prévoir une chute du régime aussi rapide.

J’ai visionné cette interview sur BFM-TV plus d’une fois. Je l’ai décrypté avec le regard d’un homme qui peut prétendre à quelques compétences en matière de communication et de télévision, et je n’y ai pas trouvé de quoi justifier un tel déchainement de haine, sauf la mauvaise foi ou l’ignorance. Il est vrai que depuis le 23 octobre dernier, ces attaques ont nettement baissé. Mezri Haddad compte même aujourd’hui parmi ses amis, ses défenseurs ou ses admirateurs beaucoup de tunisiens, et notamment des jeunes. Ce changement d’attitude n’est pas le fruit du hasard. En moins d’une année et demie, l’histoire a donné raison à ce penseur réellement visionnaire.

En effet, tous les événements qu’il a annoncés dans les rares interviews qu’il a accordé depuis le 14 janvier 2011 et, surtout dans son livre « La face cachée de la révolution tunisienne. Islamisme et occident : une alliance à haut risque, » se sont réalisés.

Et d’abord le triomphe de l’islamisme. Qui pouvait croire, avant le 23 octobre 2011, que le parti Ennahda sortirait victorieux de ces élections et que les « progressistes » Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jafaar en seraient les plus fidèles alliés ? Ensuite, le rôle que je n’aurais personnellement pas cru si déterminant du Qatar et des États-Unis d’Amérique dans le « printemps arabe » en général et dans la « révolution du jasmin » en particulier.

 

Enfin, toutes les prévisions et implications en termes de géopolitique, que Mezri Haddad mentionne avec une lucidité impressionnante. Ce n’est pas du philosophe, fin stratège et parfait géopoliticien dont je voulais parler ici. Ceux qui veulent le découvrir n’ont qu’à lire ne serait-ce que son dernier livre. C’est de l’homme que je veux parler. L’homme tel que je l’ai connu : dans sa force et dans sa faiblesse, dans sa cruauté et dans sa tendresse, dans son arrogance apparente et dans son humilité profonde. La vérité d’un homme, c’est d’abord ce qu’il cache. C’est ce côté inconnu de Mezri Haddad que j’entends révéler au grand public.

C’était durant l’été 2002 que j’ai été lui rendre visite chez lui, dans la banlieue sud de Paris. Je devais passer avec lui une heure, j’y suis resté plus de dix heures. Nous avons parlé des raisons pour lesquelles il a décidé de rompre l’exil en avril 2000, de ses déceptions à l’égard de l’opposition dont il a été à un certain moment le cerveau, de Mohamed Mzali dont il a été le premier et le seul à défendre l’honneur lorsque celui-ci subissait les foudres de Ben Ali et le lynchage de ses sbires, de son idée folle en 1990, de faire évader Bourguiba de sa résidence surveillée, de Moncef Marzouki dont il a été le mentor en France et dont il a publiquement soutenu la candidature aux élections présidentielles de 1994, dans un article de Libération intitulé « L’élection du roi de Tunisie », des islamistes qu’il a été, là aussi, le seul à défendre lorsque l’écrasante majorité des intellectuels tunisiens approuvait les arrestations arbitraires et les tortures, de son engagement pro-palestinien, de sa défense de la cause irakienne, de ses relations intimes avec Tarek Aziz, Mahmoud Darwich, Edward Saïd, Mahdi el-Manjara, Mohamed Arkoun, Maxime Rodinson, de ses grands maîtres à la Sorbonne, de son DEA déjà (1989) consacré à l’étude de l’islamisme comme idéologie théocratique et totalitaire, de sa magistrale thèse de doctorat, déjà consacrée à l’étude du religieux et du politique dans l’islam et dans le christianisme…

Nous avons surtout parlé de son livre « Carthage ne sera pas détruite, » dont il m’avait lu de larges extraits et qu’il s’apprêtait à publier. Jamais auparavant, aucun intellectuel tunisien n’avait écrit un livre si dense, si remarquablement bien écrit et si audacieux, dans lequel il a, de façon objective et équitable, critiqué et l’opposition et le régime. Qui osait à l’époque défendre le Bourguibisme ?

 

Il l’a fait avec finesse et constance. Qui osait appeler à l’époque à une amnistie générale ? Il l’a réitéré avec force et conviction. Qui osait à l’époque appeler à la réforme de la Justice et de la police ? Il l’a dit sans crainte et sans tergiversation. Qui, dans l’entourage de Ben Ali, osait à l’époque dénoncer les atteintes à la liberté d’expression ? Il l’a écrit noir sur blanc, d’où la haine inextinguible que lui vouait Abdelwahab Abdallah. Qui, parmi les «défenseurs du régime » se permettait à l’époque de dénoncer la corruption et la course à la richesse ? Il l’a écrit avec sa plume décapante. 

 

En voici une preuve parmi tant d’autres, où Mezri Haddad annonce d’ailleurs l’explosion sociale que notre pays allait connaître dix ans plus tard :

« Lorsqu’on observe ce changement des mentalités et cet engouement frénétique pour l’argent qui affecte toutes les couches sociales, des plus riches (qui veulent encore s’enrichir) aux plus pauvres (qui espèrent sortir de la misère), on ne peut pas ne pas redouter les effets d’agrégation d’un tel phénomène sociologique. Outre le fait que la richesse ne sera jamais accessible à tout le monde –ce qui est porteur de désenchantement qui est lui-même générateur d’implosion sociale- je m’inquiète surtout de la disparition de deux éléments constitutifs de la personnalité tunisienne : la frugalité (cette vertu aristotélicienne) et l’entraide (vertu islamique). »

Skander Khélil

Skander Khélil

Aujourd’hui, c’est à qui dépouillera l’autre, le premier. Les relations entre individus ne sont plus ce qu’elles étaient il y a à peine vingt ans. Elles sont devenues des relations d’intérêts avec comme valeur suprême : l’argent. La bourgeoisie tunisienne était intellectuellement raffinée et socialement humaine. Elle est devenue indigente, vulgaire, arrogante et méprisante. En somme, d’occidentalisée, elle s’est saoudisée. N’oublions pas la leçon de Rousseau : « Le poison lent et secret » qui corrompt les sociétés, ce sont l’immodération des appétits, la volonté de domination ou de richesse, la force et l’étendue des désirs, la concupiscence » (page 365).

Et des citations comme celle-là, il y en a des dizaines et des centaines, parsemées dans ce livre que très peu de tunisiens ont lu, et qu’on devrait lire aujourd’hui, (mieux vaut tard que jamais !) Des citations qui prouvent la profondeur du philosophe et l’audace du politique.

De l’argent, parlons-en. L’homme que j’ai connu n’en a jamais été attiré. Opposant à Ben Ali, il a vécu dans très modestement, contrairement aux islamistes et à un certain nombre d’anciens ministres de Bourguiba ou d’anciens responsables d’ONG droit-de-l’hommiennes. Réconcilié avec Ben Ali, il a vécu dans la frugalité et dans une précarité dont je suis personnellement témoin. Ambassadeur, il a vécu simplement et modestement. Je ne connais pas un seul ambassadeur tunisien et même dans le monde, qui n’ait pas jugé utile de recruter une femme de ménage dans sa résidence, alors qu’il avait légalement droit à trois personnels de service.

Que je le dise publiquement et que cela plaise ou non : c’est moi-même qui lui avait offert quelques chemises et cravates cinq mois après sa nomination à l’UNESCO. Il n’était pas dans le paraître mais dans l’Être. Après sa démission de son poste, acte dans lequel j’ai joué un rôle crucial, il a connu avec sa famille une situation financière d’une cruauté insupportable ; et je ne dirai pas plus eu égard à mon ami. Ce n’est pas du tout le cas de ses collègues diplomates ou des nombreux affairistes véreux qui militaient au sein du RCD.

 

 Mezri Haddad, un philosophe égaré dans la politique

Il aurait pu ne pas subir cette tragique épreuve. En s’abstenant de dénoncer l’imposture du « printemps arabe », comme le lui demandaient certains de ses amis français, très hauts placés à l’Élysées. En acceptant l’offre très juteuse du Qatar que lui transmettait en mai 2011 son « ami » de vingt ans, Ahmed Kédidi. Il a préféré la vérité au mensonge, le patriotisme au mercenariat. Un seul geste de sa part, un seul signe d’allégeance lui aurait permis de sauver sa dignité et l’avenir immédiat de sa famille. On connait la générosité légendaire des qataris vis-à-vis de leurs serviles serviteurs.


 

Mezri Haddad a refusé cette main tendue de Judas. C’est pour cela que je l’ai admiré, ainsi que son épouse, une femme résistante et combattante. Même si je m’en doutais, je ne pouvais pas mesurer l’extrême gravité de sa situation financière. Car, est-il besoin de le mentionner, je n’avais plus aucun contact avec Mezri Haddad depuis le mois de février 2011. Le révolutionnaire que j’étais, comme vous tous, était très critique à son égard. Je lui reprochais son obstination à soutenir publiquement le régime jusqu’au 13 janvier 2011. Je n’avais pas compris que par-delà le régime, c’est l’avenir immédiat de la Tunisie qu’il redoutait le plus, qu’il ne défendait pas un régime mais un État « laïc » et moderniste, que Bourguiba a fondé et que Ben Ali a subverti. Je ne voyais pas ce qu’il était le seul à voir à cette époque, avec son regard de philosophe et ses yeux de prospectiviste.

Des affaires, parlons-en. On lui a collé au dos le fameux dossier des terrains de Carthage, qui sont classés par l’UNESCO. A l’origine de cette désinformation, un certain Haythem Mekki, un «journaliste » émergé avec la révolution. Il l’avait affirmé à deux reprises sur Nesma-TV, sous le prétexte que Mezri Haddad est l’ambassadeur de la Tunisie auprès de l’UNESCO. Certains y croient encore aujourd’hui. Je dirai d’abord aux ignorants et aux perroquets qui les suivent, que c’est l’État et non pas l’UNESCO qui classe et qui déclasse ce qu’il considère comme patrimoine mondial. Je dirai ensuite que dans ce genre de dossier, c’est le sommet de l’État qui prend les décisions et non point le ministre de la Culture, encore moins un simple ambassadeur.

J’ajouterai enfin que le déclassement de ces terrains remonte à 1995, époque à laquelle Mezri Haddad était une figure emblématique de l’opposition en exil ! Ce dernier a pris ses fonctions à l’UNESCO en janvier 2010 et a démissionné de son poste en janvier 2011. Il aurait pu exiger un droit de réponse sur Nesma TV, d’autant plus qu’il connaissait Tarek Ben Ammar – Nabil Karoui et avait même des relations fraternelles avec Fethi Houidi. Il ne l’a pas fait, sans doute par mépris vis-à-vis de ses détracteurs.

 

C’est par un retour au mot « horde » que je voudrai terminer ce témoignage. C’est ce que la plupart des tunisiens ont voulu retenir, plutôt que de considérer à sa juste valeur sa démission historique qui, j’en suis intimement convaincu, a accéléré la chute de Ben Ali. Je ne dirai pas comme il vient de le déclarer dans une interview que « la horde a manifesté, la horde a voté, la horde est au pouvoir », mais je répèterai ce qu’il avait d’ailleurs lui-même dit face à Jean-Jacques Bourdin, à savoir que « Le peuple tunisien n’est pas cette horde fanatisée. Le peuple tunisien va travailler. Le peuple s’inquiète et il est chez lui. Le peuple est dans son entreprise. Les gens sont dans leurs foyers et s’inquiètent de cette déferlante de hordes, et toutes les hordes du monde se ressemblent ».

Ce que beaucoup de tunisiens ignorent, c’est que ce n’était pas la première fois qu’il utilisait cette expression par laquelle il désignait exclusivement les intégristes, les brigands, les pilleurs et les incendiaires. Au moment de la crise algérienne, il appelait le gouvernement et l’opposition à s’unir pour affronter « la horde intégristes du FIS ». Dans son article « Par-delà le bien et le mal » (Libération du 19 septembre 2001), où il condamnait les attentats du 11 septembre, il écrivait : « Qui sont les talibans et qu’est-ce que le talibanisme ? J’y ai répondu il y a six mois lorsque cette horde fanatisée s’est attaquée à un haut symbole du bouddhisme ». Il l’a encore employé dans son article «L’Islam, otage des talibans » (Libération du 21 mars 2001), lorsqu’il a parlé de cette « horde fanatisée par le maximalisme wahhabite qui a détruit les monuments bouddhiques en Afghanistan»…

Il est donc indéniable que chaque fois que Mezri Haddad utilisait cette expression, c’était pour qualifier ses ennemis de toujours : les islamistes. On m’objectera oui, mais il n’y avait aucun islamiste parmi les manifestants. Je répondrai alors, c’est ce qu’on nous a fait croire. Maintenant que beaucoup de secrets commencent à sortir, on sait qu’à l’époque, la consigne d’Ennahda et de ses conseillers qataris et américains c’était : pas de slogans religieux, pas de barbes, pas de voiles. Mezri Haddad a vu juste, mais comme toujours dans l’histoire, il ne faut jamais avoir raison très tôt, comme il ne faut jamais avoir raison tout seul.

Je sais qu’avant moi, l’anthropologue Salem Ben Ammar et le ghannouchophobe Jalel Brik, ont rendu justice à Mezri Haddad. Je le fais aujourd’hui pour l’histoire, en mon âme et conscience et en tant que témoins très bien placé pour parler de cet intellectuel qui n’a pas son équivalent en Tunisie, ni parmi notre intelligentsia dans la diaspora. Je le fais sans chercher à vous apitoyer sur le sort d’un homme qui ne regrette rien de son parcours politique depuis près de trente ans, ni à vouloir le rendre populaire. J’ai précisé au départ qu’il s’agit d’un témoignage plus moral que politique.

La politique n’était déjà pas un domaine qui me passionnait particulièrement. A plus forte raison maintenant, que 10 millions de tunisiens se sont transformés soit en leaders, soit en professeurs en sciences politiques ! L’ami auquel je rends hommage, non plus. La politique ne semble plus constituer, en effet, l’épicentre de sa vie, même si son amour pour la Tunisie reste charnel et son combat contre l’intégrisme reste éternel.

Lisez plutôt ce qu’il dit lui-même dans son dernier livre : « Mon intention n’est pas de vous culpabiliser, vous les jeunes internautes, mais de vous éveiller, en vous disant la vérité ; de vous faire prendre conscience des nouveaux périls qui menacent la Tunisie et l’ensemble du monde arabe…Mon devoir est de vous dire la vérité, même si elle vous blesse, et de vous appeler à la vigilance. Cette vérité que personne n’osera vous dire parce que tout le monde vous craint, parce que tout le monde redoute vos attaques sur Internet, parce que tout le monde a besoin de vous, parce que tout le monde vous flatte et vous courtise, vous les vaillants soldats de la glorieuse révolution. Parce que tout le monde est candidat à quelque chose : président, ministre, député, sénateur, ambassadeur, consul, directeur, chef de service, concierge, gardien, jardinier, maçon…Moi, je ne suis candidat à rien, et c’est pour cela que je vous tiens ce langage de la vérité et non point celui de la démagogie. Je n’attends rien de vous. Ni votre soutien, ni vos voix au moment de la bataille électorale qui se profile, ni même votre amitié. Je ne cherche pas à être populaire…Mon royaume n’est plus de ce monde. Je n’aspire plus à la célébrité mais à l’éternité. Je ne me soumets pas à votre opinion versatile, mais au jugement de l’Histoire » (p.328).

Tout est dit, tout est clair. Ainsi parlait mon ami d’hier et de toujours, Mezri Haddad…Comme autrefois Nietzsche faisait parler Zarathoustra, ma muse, mon prophète, ma lumière en ces temps obscurantistes !

En tout cas Mezri Haddad est Mon Ami de Toujours et pour Toujours !

Par Skander Khélil *

* Chef d’entreprise à Paris. Producteur Audiovisuel. Créateur, co-créateur et promoteur de divers concepts de télévision…

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 14:48

 

Les services secrets  francais et le renseignement militaire (DRM), a recueilli des renseignements selon lesquels (Al Qaïda au Maghreb islamique) et Mujao (djihad en Afrique de l’Ouest) ont reçu une aide en dollars du Qatar».

 

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L’activisme diplomatique du Qatar en faveur des islamistes vient d’être mis à nu. Plus grave, son implication dans le financement des mouvements armés notamment au nord du Mali.

Ce sont les révélations sulfureuses faites par l’hebdomadaire satirique français «Le Canard Enchaîné» dans son édition d’hier. On y apprend ainsi que l’émir du Qatar a livré une aide financière aux mouvements armés qui ont pris le contrôle du Nord du Mali. Et parmi ces groupes qui ont reçu les dollars qataris figurent le fameux Mujao qui retient en otage 7 diplomates algériens depuis le 5 avril dernier.

Tout au long de cet article intitulé «Notre ami du Qatar finance les islamistes du Mali», le Canard Enchaîné explique que la Direction du renseignement militaire (DRM), qui relève du chef d’état-major des armées françaises, a recueilli des renseignements selon lesquels «les insurgés du MNLA (indépendantistes et laïcs), les mouvements Ansar Dine, Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique) et Mujao (djihad en Afrique de l’Ouest) ont reçu une aide en dollars du Qatar». Rien que cela !

Le journal satirique qui ne donne pas d’indications sur les montants versés par les «généreux» qataris, précise cependant que les autorités françaises «sont informées des agissements des dirigeants de l’émirat dans cette partie du Nord du Mali qui partage 1300 km de frontières avec l’Algérie.

Conclusion : il est désormais établi que les émirs du Qatar financent des mouvements islamistes armés qui sèment la terreur en Algérie et dans le Sahel; et plus grave encore, retiennent sept diplomates algériens en otage et proclamé l’Etat islamique sur les frontières algériennes !

Les millions d’euros du Qatar au Mujao, Ansar Dine et…

Pis, le Canard révèle que le Qatar aurait même «des visées» sur les richesses des sous-sols du Sahel et évoque «Des négociations discrètes (qui) ont déjà débuté avec Total », le géant pétrolier français, pour une exploitation prochaine du pétrole de la région à l’avenir !

Toujours selon le Canard Enchaîné, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, «n’ignore aucune des mauvaises nouvelles arrivées d’Afrique subsaharienne. Et rien de l’implication de «notre ami du Qatar» formule d’un officier de l’état-major, dans la «capture» du Nord du Mali par plusieurs mouvements djihadiste.».

L’hebdomadaire poursuit qu’au début de cette année, «plusieurs note de la DGSE ont alerté l’Elysée sur les activités internationales», de l’émirat du Qatar. Mais le président Sarkozy n’ y a pas donné suite pour ne pas incommoder son «ami» le cheikh Hamad ben Kalifa Al-Thani.

Quand Sarko se tait

On y apprend aussi dans ces notes secrètes, des officiers de la DRM, que la «générosité du Qatar est sans pareille et qu’il ne s’est pas contenté d’aider financièrement, parfois en livrant des armes, les révolutionnaires de Tunisie, d’Egypte ou de Libye ».

C’est dire que ces révélations gravissimes risquent de jeter le froid sur les relations entre l’Algérie et le Qatar qui ne sont déjà pas au mieux de leur forme. En effet depuis l’alignement sans réserve de ce petit émirat sur le va-t-en guerre des alliés de l’OTAN en Libye, l’Algérie a sensiblement pris ses distances. Ces «coups fourrés» éventés par le Canard Enchaîné renseignent un peu plus sur les noirs desseins de cet émirat.

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Published by kaiser ben kaiser - dans Actualités
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