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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 14:04

 

j’ai écouté l' ultime communication téléphonique entre Ben Ali et Mezri Haddad, mais j’en ai enregistré une partie. Je suis donc le seul à détenir ce document sonore historique, qui est d’une importance capitale

 

SKANDER.jpgPour ceux qui ne le connaissent pas, qui est d’abord Skander Khélil ? C’est peut-être l’un des franco-tunisiens qui a le mieux réussi en France. Chef d’entreprise prospère, de formation polyvalente, les activités de M Khélil sont multiples, diverses, et surtout transparentes. Il a été présenté pour la première fois au grand public tunisien par feu Néjib Khattab en 1994 alors qu’il n’avait que 28 ans, en tant que pionnier dans diverses produits culturels et surtout pour avoir été le précurseur des guignols (El KALABES) à la télévision tunisienne ainsi que le créateur du Karaoké en France. Auparavant, il a été partenaire des Guignols sur Canal Plus. Malgré leur succès, les Kalabes n’ont pas eu une longue vie en Tunisie. Et pour cause : Skander Khélil a été le premier à ridiculiser le sacré en « guignolisant » Ben Ali. S’intéressant principalement au domaine de la culture, il a continué à militer discrètement pour la liberté d’expression en Tunisie. Il ne parle pas beaucoup, mais lorsqu’il s’exprime, il dérange énormément. C’est le cas dans ce témoignage qu’il a voulu rendre à son « compagnon de route et de doute », M. Mezri Haddad. Autre titre de gloire à mettre au crédit de M. Skander Khélil, cet intellectuel dont le raffinement a des limites : il a été l’un des rares à « casser la gueule » à Belhassen Trabelsi, à une époque pas si tardive où les tunisiens n’osaient même pas porter un regard sur ce genre redoutable et redouté. L’événement s’est produit dans un restaurant près de Carthage, devant une vingtaine de témoins. Skander Khélil est connu dans les milieux médiatiques, artistiques et culturels tunisiens par son audace, sa crédibilité et son honnêteté. C’est pour cette raison que son témoignage sur M.Mezri Haddad prend une dimension toute particulière

 

 

 

Skander Khélil : Je suis bien placé pour en parler. Je connais, en effet, Mezri Haddad depuis des années. Je l’ai connu opposant au régime de Ben Ali et exilé politique en France, puis rallié à lui. Je connais parfaitement bien ses convictions politiques, ses qualités, ses défauts, ses écrits publics et ses secrets les mieux gardés. Je suis surtout le seul témoin oculaire, la personne qui a vécu avec lui et auprès de lui, heure par heure, ces deux dernières semaines d’un régime agonisant.

C’est à moi qu’il a fait allusion lorsqu’il écrivait dans son livre « La face cachée de la révolution tunisienne, » à la page 176 : « C’est dans la nuit du 13 janvier 2011 que j’ai rédigé cette lettre de démission, et c’est le le

ndemain à 7h20 que je l’ai envoyée par téléfax, de mon bureau à l’UNESCO, au président Ben Ali. Mon ami S.K. –qui est libre de révéler son identité ou de se taire- était présent…S.K. a écouté toute cette conversation entre Ben Ali et moi. » S.K. c’est bien moi, Skander Khélil, et non seulement, j’ai écouté cette ultime communication téléphonique entre Ben Ali et Mezri Haddad, mais j’en ai enregistré une partie. Je suis donc le seul à détenir ce document sonore historique, qui est d’une importance capitale, pas seulement parce qu’il prouve le courage et le patriotisme de Mezri Haddad, mais surtout parce qu’il indique clairement ce que Ben Ali comptait faire dès cette fameuse journée du 14 janvier 2011 ! 

 

Pourquoi j’ai décidé aujourd’hui de sortir de mon silence pour apporter un témoignage plus moral que politique ? Parce que depuis un an et demi, j’ai entendu sur lui les pires calomnies, lu les plus ignobles injures, et je me suis interrogé : comment peut-on être aussi méchant, aussi cruel et aussi injuste à l’égard d’un homme que ses détracteurs connaissent à peine ?

Comment peut-on aligner autant de mensonges sur un homme que ses calomniateurs prémédités ou involontaires n’ont découvert que dans la semaine du 7 au 14 janvier 2011, plus exactement le 13 janvier, dans l’interview qu’il a accordé à Jean-Jacques Bourdin sur BFM-TV et où il a qualifié certains manifestants de « hordes fanatisées » ?

Je dis bien certains manifestants, et non pas « le peuple tunisien », comme on a voulu le faire croire pour se débarrasser d’un adversaire politique dont la démission risquait d’en faire un héro aux yeux des tunisiens. Dois-je rappeler que Mezri Haddad a été en effet le seul haut responsable à démissionner de son poste avant la chute de Ben Ali ?

Et quand bien même l’aurait-il fait cinq minutes avant le départ de Ben Ali, un tel acte reste unique et d’un grand courage, d’autant plus que nul ne pouvait prévoir une chute du régime aussi rapide.

J’ai visionné cette interview sur BFM-TV plus d’une fois. Je l’ai décrypté avec le regard d’un homme qui peut prétendre à quelques compétences en matière de communication et de télévision, et je n’y ai pas trouvé de quoi justifier un tel déchainement de haine, sauf la mauvaise foi ou l’ignorance. Il est vrai que depuis le 23 octobre dernier, ces attaques ont nettement baissé. Mezri Haddad compte même aujourd’hui parmi ses amis, ses défenseurs ou ses admirateurs beaucoup de tunisiens, et notamment des jeunes. Ce changement d’attitude n’est pas le fruit du hasard. En moins d’une année et demie, l’histoire a donné raison à ce penseur réellement visionnaire.

En effet, tous les événements qu’il a annoncés dans les rares interviews qu’il a accordé depuis le 14 janvier 2011 et, surtout dans son livre « La face cachée de la révolution tunisienne. Islamisme et occident : une alliance à haut risque, » se sont réalisés.

Et d’abord le triomphe de l’islamisme. Qui pouvait croire, avant le 23 octobre 2011, que le parti Ennahda sortirait victorieux de ces élections et que les « progressistes » Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jafaar en seraient les plus fidèles alliés ? Ensuite, le rôle que je n’aurais personnellement pas cru si déterminant du Qatar et des États-Unis d’Amérique dans le « printemps arabe » en général et dans la « révolution du jasmin » en particulier.

 

Enfin, toutes les prévisions et implications en termes de géopolitique, que Mezri Haddad mentionne avec une lucidité impressionnante. Ce n’est pas du philosophe, fin stratège et parfait géopoliticien dont je voulais parler ici. Ceux qui veulent le découvrir n’ont qu’à lire ne serait-ce que son dernier livre. C’est de l’homme que je veux parler. L’homme tel que je l’ai connu : dans sa force et dans sa faiblesse, dans sa cruauté et dans sa tendresse, dans son arrogance apparente et dans son humilité profonde. La vérité d’un homme, c’est d’abord ce qu’il cache. C’est ce côté inconnu de Mezri Haddad que j’entends révéler au grand public.

C’était durant l’été 2002 que j’ai été lui rendre visite chez lui, dans la banlieue sud de Paris. Je devais passer avec lui une heure, j’y suis resté plus de dix heures. Nous avons parlé des raisons pour lesquelles il a décidé de rompre l’exil en avril 2000, de ses déceptions à l’égard de l’opposition dont il a été à un certain moment le cerveau, de Mohamed Mzali dont il a été le premier et le seul à défendre l’honneur lorsque celui-ci subissait les foudres de Ben Ali et le lynchage de ses sbires, de son idée folle en 1990, de faire évader Bourguiba de sa résidence surveillée, de Moncef Marzouki dont il a été le mentor en France et dont il a publiquement soutenu la candidature aux élections présidentielles de 1994, dans un article de Libération intitulé « L’élection du roi de Tunisie », des islamistes qu’il a été, là aussi, le seul à défendre lorsque l’écrasante majorité des intellectuels tunisiens approuvait les arrestations arbitraires et les tortures, de son engagement pro-palestinien, de sa défense de la cause irakienne, de ses relations intimes avec Tarek Aziz, Mahmoud Darwich, Edward Saïd, Mahdi el-Manjara, Mohamed Arkoun, Maxime Rodinson, de ses grands maîtres à la Sorbonne, de son DEA déjà (1989) consacré à l’étude de l’islamisme comme idéologie théocratique et totalitaire, de sa magistrale thèse de doctorat, déjà consacrée à l’étude du religieux et du politique dans l’islam et dans le christianisme…

Nous avons surtout parlé de son livre « Carthage ne sera pas détruite, » dont il m’avait lu de larges extraits et qu’il s’apprêtait à publier. Jamais auparavant, aucun intellectuel tunisien n’avait écrit un livre si dense, si remarquablement bien écrit et si audacieux, dans lequel il a, de façon objective et équitable, critiqué et l’opposition et le régime. Qui osait à l’époque défendre le Bourguibisme ?

 

Il l’a fait avec finesse et constance. Qui osait appeler à l’époque à une amnistie générale ? Il l’a réitéré avec force et conviction. Qui osait à l’époque appeler à la réforme de la Justice et de la police ? Il l’a dit sans crainte et sans tergiversation. Qui, dans l’entourage de Ben Ali, osait à l’époque dénoncer les atteintes à la liberté d’expression ? Il l’a écrit noir sur blanc, d’où la haine inextinguible que lui vouait Abdelwahab Abdallah. Qui, parmi les «défenseurs du régime » se permettait à l’époque de dénoncer la corruption et la course à la richesse ? Il l’a écrit avec sa plume décapante. 

 

En voici une preuve parmi tant d’autres, où Mezri Haddad annonce d’ailleurs l’explosion sociale que notre pays allait connaître dix ans plus tard :

« Lorsqu’on observe ce changement des mentalités et cet engouement frénétique pour l’argent qui affecte toutes les couches sociales, des plus riches (qui veulent encore s’enrichir) aux plus pauvres (qui espèrent sortir de la misère), on ne peut pas ne pas redouter les effets d’agrégation d’un tel phénomène sociologique. Outre le fait que la richesse ne sera jamais accessible à tout le monde –ce qui est porteur de désenchantement qui est lui-même générateur d’implosion sociale- je m’inquiète surtout de la disparition de deux éléments constitutifs de la personnalité tunisienne : la frugalité (cette vertu aristotélicienne) et l’entraide (vertu islamique). »

Skander Khélil

Skander Khélil

Aujourd’hui, c’est à qui dépouillera l’autre, le premier. Les relations entre individus ne sont plus ce qu’elles étaient il y a à peine vingt ans. Elles sont devenues des relations d’intérêts avec comme valeur suprême : l’argent. La bourgeoisie tunisienne était intellectuellement raffinée et socialement humaine. Elle est devenue indigente, vulgaire, arrogante et méprisante. En somme, d’occidentalisée, elle s’est saoudisée. N’oublions pas la leçon de Rousseau : « Le poison lent et secret » qui corrompt les sociétés, ce sont l’immodération des appétits, la volonté de domination ou de richesse, la force et l’étendue des désirs, la concupiscence » (page 365).

Et des citations comme celle-là, il y en a des dizaines et des centaines, parsemées dans ce livre que très peu de tunisiens ont lu, et qu’on devrait lire aujourd’hui, (mieux vaut tard que jamais !) Des citations qui prouvent la profondeur du philosophe et l’audace du politique.

De l’argent, parlons-en. L’homme que j’ai connu n’en a jamais été attiré. Opposant à Ben Ali, il a vécu dans très modestement, contrairement aux islamistes et à un certain nombre d’anciens ministres de Bourguiba ou d’anciens responsables d’ONG droit-de-l’hommiennes. Réconcilié avec Ben Ali, il a vécu dans la frugalité et dans une précarité dont je suis personnellement témoin. Ambassadeur, il a vécu simplement et modestement. Je ne connais pas un seul ambassadeur tunisien et même dans le monde, qui n’ait pas jugé utile de recruter une femme de ménage dans sa résidence, alors qu’il avait légalement droit à trois personnels de service.

Que je le dise publiquement et que cela plaise ou non : c’est moi-même qui lui avait offert quelques chemises et cravates cinq mois après sa nomination à l’UNESCO. Il n’était pas dans le paraître mais dans l’Être. Après sa démission de son poste, acte dans lequel j’ai joué un rôle crucial, il a connu avec sa famille une situation financière d’une cruauté insupportable ; et je ne dirai pas plus eu égard à mon ami. Ce n’est pas du tout le cas de ses collègues diplomates ou des nombreux affairistes véreux qui militaient au sein du RCD.

 

 Mezri Haddad, un philosophe égaré dans la politique

Il aurait pu ne pas subir cette tragique épreuve. En s’abstenant de dénoncer l’imposture du « printemps arabe », comme le lui demandaient certains de ses amis français, très hauts placés à l’Élysées. En acceptant l’offre très juteuse du Qatar que lui transmettait en mai 2011 son « ami » de vingt ans, Ahmed Kédidi. Il a préféré la vérité au mensonge, le patriotisme au mercenariat. Un seul geste de sa part, un seul signe d’allégeance lui aurait permis de sauver sa dignité et l’avenir immédiat de sa famille. On connait la générosité légendaire des qataris vis-à-vis de leurs serviles serviteurs.


 

Mezri Haddad a refusé cette main tendue de Judas. C’est pour cela que je l’ai admiré, ainsi que son épouse, une femme résistante et combattante. Même si je m’en doutais, je ne pouvais pas mesurer l’extrême gravité de sa situation financière. Car, est-il besoin de le mentionner, je n’avais plus aucun contact avec Mezri Haddad depuis le mois de février 2011. Le révolutionnaire que j’étais, comme vous tous, était très critique à son égard. Je lui reprochais son obstination à soutenir publiquement le régime jusqu’au 13 janvier 2011. Je n’avais pas compris que par-delà le régime, c’est l’avenir immédiat de la Tunisie qu’il redoutait le plus, qu’il ne défendait pas un régime mais un État « laïc » et moderniste, que Bourguiba a fondé et que Ben Ali a subverti. Je ne voyais pas ce qu’il était le seul à voir à cette époque, avec son regard de philosophe et ses yeux de prospectiviste.

Des affaires, parlons-en. On lui a collé au dos le fameux dossier des terrains de Carthage, qui sont classés par l’UNESCO. A l’origine de cette désinformation, un certain Haythem Mekki, un «journaliste » émergé avec la révolution. Il l’avait affirmé à deux reprises sur Nesma-TV, sous le prétexte que Mezri Haddad est l’ambassadeur de la Tunisie auprès de l’UNESCO. Certains y croient encore aujourd’hui. Je dirai d’abord aux ignorants et aux perroquets qui les suivent, que c’est l’État et non pas l’UNESCO qui classe et qui déclasse ce qu’il considère comme patrimoine mondial. Je dirai ensuite que dans ce genre de dossier, c’est le sommet de l’État qui prend les décisions et non point le ministre de la Culture, encore moins un simple ambassadeur.

J’ajouterai enfin que le déclassement de ces terrains remonte à 1995, époque à laquelle Mezri Haddad était une figure emblématique de l’opposition en exil ! Ce dernier a pris ses fonctions à l’UNESCO en janvier 2010 et a démissionné de son poste en janvier 2011. Il aurait pu exiger un droit de réponse sur Nesma TV, d’autant plus qu’il connaissait Tarek Ben Ammar – Nabil Karoui et avait même des relations fraternelles avec Fethi Houidi. Il ne l’a pas fait, sans doute par mépris vis-à-vis de ses détracteurs.

 

C’est par un retour au mot « horde » que je voudrai terminer ce témoignage. C’est ce que la plupart des tunisiens ont voulu retenir, plutôt que de considérer à sa juste valeur sa démission historique qui, j’en suis intimement convaincu, a accéléré la chute de Ben Ali. Je ne dirai pas comme il vient de le déclarer dans une interview que « la horde a manifesté, la horde a voté, la horde est au pouvoir », mais je répèterai ce qu’il avait d’ailleurs lui-même dit face à Jean-Jacques Bourdin, à savoir que « Le peuple tunisien n’est pas cette horde fanatisée. Le peuple tunisien va travailler. Le peuple s’inquiète et il est chez lui. Le peuple est dans son entreprise. Les gens sont dans leurs foyers et s’inquiètent de cette déferlante de hordes, et toutes les hordes du monde se ressemblent ».

Ce que beaucoup de tunisiens ignorent, c’est que ce n’était pas la première fois qu’il utilisait cette expression par laquelle il désignait exclusivement les intégristes, les brigands, les pilleurs et les incendiaires. Au moment de la crise algérienne, il appelait le gouvernement et l’opposition à s’unir pour affronter « la horde intégristes du FIS ». Dans son article « Par-delà le bien et le mal » (Libération du 19 septembre 2001), où il condamnait les attentats du 11 septembre, il écrivait : « Qui sont les talibans et qu’est-ce que le talibanisme ? J’y ai répondu il y a six mois lorsque cette horde fanatisée s’est attaquée à un haut symbole du bouddhisme ». Il l’a encore employé dans son article «L’Islam, otage des talibans » (Libération du 21 mars 2001), lorsqu’il a parlé de cette « horde fanatisée par le maximalisme wahhabite qui a détruit les monuments bouddhiques en Afghanistan»…

Il est donc indéniable que chaque fois que Mezri Haddad utilisait cette expression, c’était pour qualifier ses ennemis de toujours : les islamistes. On m’objectera oui, mais il n’y avait aucun islamiste parmi les manifestants. Je répondrai alors, c’est ce qu’on nous a fait croire. Maintenant que beaucoup de secrets commencent à sortir, on sait qu’à l’époque, la consigne d’Ennahda et de ses conseillers qataris et américains c’était : pas de slogans religieux, pas de barbes, pas de voiles. Mezri Haddad a vu juste, mais comme toujours dans l’histoire, il ne faut jamais avoir raison très tôt, comme il ne faut jamais avoir raison tout seul.

Je sais qu’avant moi, l’anthropologue Salem Ben Ammar et le ghannouchophobe Jalel Brik, ont rendu justice à Mezri Haddad. Je le fais aujourd’hui pour l’histoire, en mon âme et conscience et en tant que témoins très bien placé pour parler de cet intellectuel qui n’a pas son équivalent en Tunisie, ni parmi notre intelligentsia dans la diaspora. Je le fais sans chercher à vous apitoyer sur le sort d’un homme qui ne regrette rien de son parcours politique depuis près de trente ans, ni à vouloir le rendre populaire. J’ai précisé au départ qu’il s’agit d’un témoignage plus moral que politique.

La politique n’était déjà pas un domaine qui me passionnait particulièrement. A plus forte raison maintenant, que 10 millions de tunisiens se sont transformés soit en leaders, soit en professeurs en sciences politiques ! L’ami auquel je rends hommage, non plus. La politique ne semble plus constituer, en effet, l’épicentre de sa vie, même si son amour pour la Tunisie reste charnel et son combat contre l’intégrisme reste éternel.

Lisez plutôt ce qu’il dit lui-même dans son dernier livre : « Mon intention n’est pas de vous culpabiliser, vous les jeunes internautes, mais de vous éveiller, en vous disant la vérité ; de vous faire prendre conscience des nouveaux périls qui menacent la Tunisie et l’ensemble du monde arabe…Mon devoir est de vous dire la vérité, même si elle vous blesse, et de vous appeler à la vigilance. Cette vérité que personne n’osera vous dire parce que tout le monde vous craint, parce que tout le monde redoute vos attaques sur Internet, parce que tout le monde a besoin de vous, parce que tout le monde vous flatte et vous courtise, vous les vaillants soldats de la glorieuse révolution. Parce que tout le monde est candidat à quelque chose : président, ministre, député, sénateur, ambassadeur, consul, directeur, chef de service, concierge, gardien, jardinier, maçon…Moi, je ne suis candidat à rien, et c’est pour cela que je vous tiens ce langage de la vérité et non point celui de la démagogie. Je n’attends rien de vous. Ni votre soutien, ni vos voix au moment de la bataille électorale qui se profile, ni même votre amitié. Je ne cherche pas à être populaire…Mon royaume n’est plus de ce monde. Je n’aspire plus à la célébrité mais à l’éternité. Je ne me soumets pas à votre opinion versatile, mais au jugement de l’Histoire » (p.328).

Tout est dit, tout est clair. Ainsi parlait mon ami d’hier et de toujours, Mezri Haddad…Comme autrefois Nietzsche faisait parler Zarathoustra, ma muse, mon prophète, ma lumière en ces temps obscurantistes !

En tout cas Mezri Haddad est Mon Ami de Toujours et pour Toujours !

Par Skander Khélil *

* Chef d’entreprise à Paris. Producteur Audiovisuel. Créateur, co-créateur et promoteur de divers concepts de télévision…

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Published by kaiser ben kaiser - dans Actualités
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commentaires

Imen Lakhdhar 02/10/2012 15:29


a quel titre S.khalil a t-il écouté une conversation entre un Président et quelqu'un d'autre? et puis, pourquoi s'acharne t-il contre lui. Au moins nous savons une chose sur Mezri haddad: ses
motivations actuelles sont de mettre la lumière sur ce qui se passe. ses motivations son humaines et nationalistes tel qu'aurait pu être son passé. pourquoi SK cherche-t-il à le discréditer
maintenant? quelles sont ses motivations?

totor 04/08/2012 03:25


Si Mohamed, vous êtes apparemment aussi lucide que moi! Une preuve imaginaire pour essayer de faire de Haddad un héro (imaginaire), mais peut être qu'avec les imitateurs des guignols de M khélil,
pourront ils nous en pondre un, d'enregistrement, auquel on va tous croire!!! Des gens si intègres et si GRANDS pour leur courage auront bien sur le courage de nous en faire part de cette fameuse
preuve! Spécialiste de guignol vous dites, je vois effectivement deux guignols ami de toujours et pour toujours relier par l'amitié guignolesque indéfectible!!!!

mohamed 17/06/2012 00:06


Fort bien MM Haddad et Khelil
,« Le peuple tunisien n’est pas cette horde fanatisée...il est
dans son entreprise..."etc, donc ma famille, mes amis, mes voisins, qui ont manifesté, mais aussi, ont participé à la casse des maisons des trabelsis font partie de la horde ! et mes cousins qui
ont affronté la police à Thala et Kasserine aussi ? ils m'ont berné les cons, je ne m'en suis pas encore rendu compte ! Un grand merci M. Haddad. Et vous M. Khélil ? Vous
detenez depuis le 13 janvier 2011 un enregistrement sonore qui prouve l'opposition frontale de M. Haddad à benali, et par
ricochet la sincérité de votre article et vous nous faites pas écouter un seul petit bout de la causette ? Il est habituel que les gens qui se croient IMPORTANTS gardent pour eux et pour une
petite élite les secrets qu'ils qu'ils disent détenir et qu'ils qualifient d'importants; j'imagine que nous devons vous considérer comme un homme IMPORTANT  M. Khélil ? Ainsi soit il, Amen ou آمين pour parodier la horde fanatique.